02/05/2012

(In)sécurité: la droite et la gauche dos à dos

Pour des raisons très différentes, voire diamétralement opposées, nous simples citoyens, ne pouvons très malheureusement, rien attendre de plus de la droite que de la gauche.

J'en veux pour preuve, l'article éminemment édifiant dans la TDG de ce jour, concernant: «les menaces physiques et verbales qui se pratiquent de plus en plus à l'encontre des policiers genevois.»

Cet article révèle notamment que: «trois cas récents révèlent une augmentation des tentatives d'intimidation par certains gangs mafieux très bien organisés [...] En mars, c'est un policier des Pâquis dont on avait mis la tête à prix.»

Ce qui est grave et inquiétant c'est d'apprendre la démission TOTALE  de l'Etat face à ces nouvelles menaces. Dans le cadre du braquage du change Migros et suite à la surréaliste plainte déposée par l'avocate (on devrait rayer une telle personne du barreau suite à une telle insulte à la raison) d'un des auteurs de la fusillade contre les policiers qui sont courageusement et intelligemment intervenus contre ces malfrats, on apprend encore (je cite un large extrait tant il révèle la gravité de la situation): «le syndicat a dû trouver des avocats, épauler les collaborateurs, trouver des solutions d'aide pour eux et leurs familles. «Le département n'a rien fait, déplore Christian Antonietti. Alors que nous sommes le bras armé du canton». Contacté hier, Laurent Paoliello, porte-parole du département d'Isabel Rochat, n'a pas répondu à nos questions. Les trois policiers impliqués dans le braquage doivent désormais affronter seuls la justice et même se rendre prochainement à Lyon pour être entendus. Avec tout ce que cela représente comme risque pour leur sécurité: «Ils vont comparaître en dévoilant leur nom, prénom, etc., déplore un collaborateur de la gendarmerie. Facile pour les spectateurs de prendre des notes et de trouver leur domicile ou leur famille pour exercer des pressions.»

Le reste de l'article démontre de façon éloquente l'étendue de l'incurie de nos élus et l'ampleur de la démission de l'Etat à laquelle nous sommes arrivés après des décennies d'aveuglement, de lâcheté et de bons sentiments, toutes choses dont les mafias se rient et profitent.

La gauche, pour des raisons idéologiques, est incapable de regarder certaines réalités en face, enfermée qu'elle est dans une vision de classe de la Société. Entre la gauche bien-pensante (mais n'est-elle pas toujours «bien-pensante» ?), les Verts qui semblent plus prompts à s'engager en faveur de la défense des réfugiés, y compris les faux réfugiés économiques, qu'à la protection de notre environnement (en tout cas c'était le sentiment dégagé sous la présidence de M. Ueli Leuenberger), et différentes Associations de protection de toutes les minorités, y compris lorsqu'elles se trouvent engagées dans des activités criminelles, nos gouvernements ont perdu le courage d'exprimer l'Autorité et le Pouvoir de l'Etat, à bon escient.

La gauche, encore elle, a tellement orchestré un lavage de cerveau collectif depuis la fin de la seconde guerre mondiale pour nous mettre en garde contre les dangers d'une possible résurgence du fascisme, qu'elle a comme anesthésié nos démocraties et leur a enlevé toute capacité à s'organiser contre les abus dans l'immigration sauvage et contre les atteintes à la sécurité.

La droite, de son côté, parle volontiers de sécurité, parfois avec des accents très convaincants, mais cela s'arrête généralement au stade des bonnes intentions électoralistes. Lorsqu'il s'agit de transcrire ces bonnes intentions en actes, c'est-à-dire lorsqu'il s'agit de financer celles-ci, la droite au service de nos élites s'aperçoit que la mondialisation avec son cortège de délocalisations et de cadeaux fiscaux faits aux ultra-riches a si bien vidé les caisses de nos Nations, que nous ne pouvons plus nous payer le niveau de sécurité que nous, citoyens, réclamons et attendons.

Je ne vois malheureusement pas d'issue pacifique à cette situation totalement bloquée: la gauche va continuer à s'enfermer dans sa dénégation de la réalité (reconnaître les causes sociologiques, sociétales, économiques et politiques de l'augmentation de la criminalité ne devrait pas empêcher de lutter efficacement contre elle). Et la droite va continuer de faire de beaux discours sans agir, préférant donner aux ultra-riches les moyens de s'enfermer dans des quartiers de haute sécurité où il peuvent entretenir l'illusion qu'ils peuvent vivre à l'abri des pouilleux de la Terre, s'enrichir encore plus et laisser le reste du Monde à ses difficultés, sa précarité et sa misère, amplement méritées à leurs yeux.

Notre planète est de plus en plus interconnectée et de plus en plus «petite». Rien de ce qui affecte nos voisins, même à l'autre bout de la Terre, qui n'entraîne des répercussions chez nous. Croire que la Suisse et Genève sont une île privilégiée au milieu de la tempête est une illusion. Certes, nous sommes économiquement plus sains que nos voisins. Mais cette bonne santé économique fait des envieux. Pas besoin d'avoir fait de longues études pour se rendre compte qu'il existe quelque part, au milieu de l'Europe, un Etat béni qui est à la fois insolemment couronné de succès, incroyablement naïf dans sa vision des réalités de nos Sociétés (il suffit de voir l'incroyable impréparation de notre classe politique face aux attaques incessantes de l'étranger contre notre place bancaire et financière ou le presque touchant amateurisme de notre ministre de la défense) et pingre dans l'utilisation de ses surplus, notamment dans le domaine de la sécurité.

Les mafias de toute sorte, celles qui orchestrent l'immigration sauvage pour leur plus grand profit, celles qui gèrent le trafic d'êtres humains pour bénéficier des immenses revenus de la prostitution, celles qui organisent le trafic de drogue ou la contrebande ou les jeux de hasard ou le racket, etc.. ont de très beaux jours devant elles. Elles profitent de ce mélange détonnant pour s'enrichir, utilisent les banques et l'économie suisses pour recycler une partie de leur argent sale. Quant aux petites frappes de pays voisins et plus lointains, ils profitent de l'ouverture des frontières ou de leur statut de faux réfugiés et de notre stupéfiante paralysie pour venir faire les 400 cents coups en toute impunité.

Si l'Occident, la Suisse et Genève continuent de refuser d'affronter ces questions avec sérieux, conscience et détermination, ces assauts répétés mettront tout simplement l'existence même de nos démocraties en péril.

Commentaires

Tout est dit. Mais ce discours n'est pas nouveau. Il est celui de l'UDC depuis 1992. Qui sont donc les thuriféraires de nos démocraties...

Écrit par : Bob Pahud | 02/05/2012

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