31/01/2012

C'est le juge Garzon qui se retrouve devant les Tribunaux

Le monde a un besoin immense d'hommes et de femmes courageux et non corrompus comme le juge Baltasar Garzon. S'ils étaient plus nombreux, beaucoup de crimes contre l'Humanité pourraient être dénoncés et, encore mieux, évités.

Le Franquisme fait partie des crimes qui marquent l'Histoire pour longtemps ou pour l'éternité. C'était la volonté d'empêcher par tous les moyens, y compris les plus violents et les plus répressifs, la naissance d'un Etat laïque, démocratique et socialement plus égalitaire. D'autres pays, comme le Chili, ont connu cette réaction brutale et sanguinaire car la défense de privilèges égoïstes est vue par certains comme un droit sacré.

Que n'a-t-on pas commis comme crimes au nom de ce droit auto arrogé ? Quelles que soient les latitudes, quels que soient les privilèges à défendre, quelles que soient les orientations politiques ou les motivations religieuses, il s'est presque toujours trouvé un groupe d'individus suffisamment habiles et déterminés pour empêcher le changement et conserver ses privilèges.

Le fin du fin se trouve dans nos pays au vernis démocratique mais où un minuscule cercle d'individus se comporte en dictateurs anonymes. C'est la dictature du profit et de l'argent qui fait que ce sont toujours les mêmes qui tiennent les leviers du pouvoir, de l'(in)justice, de l'éducation, de l'information et de l'argent.

S'il y avait plus d'hommes et de femmes courageux et non corrompus, y aurait-il tant et tant de mensonges et de manipulations qui pourraient continuer de mener le monde, depuis le niveau local jusqu'au niveau planétaire ?

Tous les jours on nous ment sur la qualité des aliments que nous mangeons, tous les jours on nous ment sur le prix des produits (y compris de première nécessité) que nous achetons. Tous les jours on nous ment sur les réelles motivations et intentions de celles et ceux qui font de la politique. Tous les jours on nous ment sur le fonctionnement de notre système de santé (depuis la façon dont on fait de la médecine jusqu'à la facturation des prestations). Tous les jours on nous ment sur la pseudo-égalité des chances. On nous a menti sur les raisons d'aller en Irak comme on nous a menti sur la crise des subprimes. Et on nous ment tous les jours sur les raisons de la faim dans le monde.

Le monde a un immense besoin de vérité. Le monde a un formidable besoin d'hommes et de femmes courageux et non corrompus, comme le juge Garzon, prêts à dire la vérité, là où ils se trouvent.

La vérité est une des seules armes qui pourrait changer le monde.

22/01/2012

Les Calimero genevois

On a entendu, après la décision de Berne de ne pas inclure la traversés de la Rade dans la dernière liste d'extensions du réseau routier national, les pires propos de certains Calimero genevois. Je pense bien sûr, en premier lieu à Luc Barthassat qui s'est permis, durant l'émission Forum (de mercredi je crois) de fustiger, je cite, «l'empire bourbinique» pour tenter de dissimuler la vraie raison de cette non-inclusion: l'incompétence de nos élus.

Cela fait des années que Genève se distingue, malgré ses immenses atouts, essentiellement par ses «Genferei» et par son impossibilité apparemment congénitale, à faire avancer le moindre de ses projets. On connaît tous les incroyables ratés, retards, projets mal ficelés, sans envergure, sans âme et se heurtant à toutes les oppositions possibles et imaginables.

Zürich avance et réalise ce dont Genève ne peut que rêver. Mais est-ce seulement à cause de l'odieuse machination des Alémaniques ? Croire cela, c'est s'empêcher de réfléchir, c'est se bercer d'illusions, c'est s'interdire de trouver une solution en comprenant mieux les arcanes de la vie confédérale.

Entre un élu qui se laisse aller à l'injure confédérale de la plus vile espèce (que ces propos soient tenus au bord d'un terrain de football est déjà lamentable, mais qu'ils sortent, à la radio, à une heure de grande écoutes, dans l'émission politique phare de la RSR, de la bouche d'un élu, est tout simplement inadmissible), un autre qui fait apparemment (l'enquête le dira) le coup de poing, une autre qui ne tient pas ses troupes, une quatrième qui cautionne un réseau de transports publics qui ne satisfait personne, la liste des frustrations pour le simple citoyen genevois s'allonge comme le nez de Pinocchio.

Au lieu de vitupérer contre la Berne fédérale, nos élus feraient beaucoup mieux de retrousser leurs manches, de travailler ENSEMBLE à définir un vrai projet pour Genève, dont doit faire partie le contournement est de Genève. Imaginez que l'on en est encore à se demander si l'on ne voudrait pas plutôt passer encore une fois par l'ouest, soit en construisant une nouvelle autoroute, soit en élargissant l'actuelle. C'est inimaginable. Et l'on voudrait que Berne s'engage et dise: "Oui, oui, choisissez une variante, déchirez-vous pendant encore 50 ans, et le jour où vous vous serez enfin mis d'accord (si cela arrive un jour), qu'il n'y aura plus d'opposition, que le dernier poisson rouge aura été consulté et aura donné son avis, eh bien nous financerons volontiers vos moindres désirs".

Quelle inconséquence !

21/01/2012

Laura Dekker: Un sacré caractère

Aujourd'hui, dans la TDG, un trop bref article sur la prodigieuse Laura Dekker qui, à 16 ans (!), est proche d'achever le tour du monde à la voile en solitaire.

Et l'on apprend qu'elle a fait cela avec une foi immense (il en faut, même si elle est née sur un bateau), l'accord de son père (voilà un père à l'écoute de la volonté exceptionnelle de sa fille) et malgré les multiples obstacles administratifs des autorités néerlandaises.

Si l'Etat se doit de faire respecter certaines règles pour le bien du plus grand nombre, Laura Dekker est de ces êtres malheureusement si extraordinairement rares qui pulvérisent les normes. Vouloir lui appliquer celles qui valent pour les autres jeunes de son âge est une absurdité. Elle l'a prouvé de la plus belle des manières.

D'accord, elle ne saura peut-être pas certaines des merveilles du savoir que les jeunes de son âge s'enfournent avec plus ou moins de bonheur et d'envie sur les trop souvent mornes bancs de nos écoles. Mais peut-on, ne serait-ce qu'imaginer, ce que cette jeune fille a appris pendant cette année en mer ? Cette confrontation à ce milieu si dur et impitoyable et en même temps si vaste et si inspirant de beauté qu'est la mer, cette confrontation à elle-même et à sa solitude, cette nécessité de s'assumer seule, 24/24, 365 jours par an, tout cela, aucune école ne le lui apprendra. Même pas le millième de tout cela. Même pas le millionième.

Ce qu'elle a appris là est exceptionnel et en même temps elle devait l'avoir en elle avant même de partir. C'est cet illimité qui habite certains êtres dès leur naissance qui fait, justement, qu'ils sont exceptionnels. Et les tracasseries administratives des autorités néerlandaises (apparemment ils ne désarment toujours pas) sont d'un ridicule accompli face à la fulgurante détermination et à l'intelligence de Laura Dekker.

18/01/2012

Iran: une stratégie vouée à l'échec

Depuis quelques années maintenant, l'Iran multiplie les déclarations contradictoires: un jour ce sont les menaces, graves souvent, proférées par un dirigeant, le lendemain on joue l'apaisement par l'entremise d'un autre porte-parole.

Cette façon de souffler le chaud et le froid est typique de ces régimes totalitaires. Dans le passé, on a déjà vécu cela avec l'Irak de Saddam Hussein et avec la Corée du Nord du "cher Leader".

Actuellement, l'escalade continue, les menaces se font de plus en plus précises (fermeture du détroit d'Ormuz, 5ème flotte américaine, Monarchies arabes, etc..). Et pourtant, aujourd'hui même, l'agence Fars (on devrait plutôt, en l'occurrence, l'appeler l'agence "Farce") annonce que l'Iran va autoriser des visites de ses sites nucléaires.

Aux yeux des dirigeants d'un pays totalitaire et par beaucoup d'aspects, paranoïaques, cette surenchère belliqueuse paraît une bonne stratégie: cela est censé galvaniser le peuple et les dirigeants se renvoient, à eux-mêmes, une image flatteuse de leur pouvoir illusoire.

Dans les faits, l'Iran est en train de creuser sa propre tombe, patiemment, avec beaucoup d'application et une louable détermination. A mes yeux, l'Iran ne peut pas gagner. Quoi qu'il fasse. S'il cède à l'Occident, il perdra toute espèce de fierté nationale (au moins ses dirigeants), s'il poursuit sur sa lancée, le régime sera détruit. Inexorablement.

Existe-t-il une troisième voie qui permettrait au régime de "sauver la face" ?  L'Europe a essayé cela, me semble-t-il, en autorisant un programme nucléaire civil et en proposant à l'Iran de lui fournir le combustible. L'Iran a clairement refusé cette troisième voie car je crains que ce ne soit pas ce que recherche ce régime. Il en paiera douloureusement le prix. Et les simples citoyens iraniens qui ont déjà payé dans leur chair le prix d'une féroce répression de la part de ce régime fou, sont les malheureux otages de gouvernants aveugles et mégalomanes.

C'est terrible que nous, simples citoyens de quelque pays que ce soit, soyons périodiquement et trop souvent, durablement, des jouets entre les mains de dirigeants, politiques ou économiques, qui n'ont que faire de nos petites personnes dans leur vision égoïste et égotiste de la marche du Monde. Nous connaissons bien cela dans nos pays: nous avons connu toutes sortes de dictateurs politiques dans le passé et sommes soumis aujourd'hui aux nouveaux dictateurs, les chantres et bénéficiaires de l'économie ultra-libérale.