22/01/2012

Les Calimero genevois

On a entendu, après la décision de Berne de ne pas inclure la traversés de la Rade dans la dernière liste d'extensions du réseau routier national, les pires propos de certains Calimero genevois. Je pense bien sûr, en premier lieu à Luc Barthassat qui s'est permis, durant l'émission Forum (de mercredi je crois) de fustiger, je cite, «l'empire bourbinique» pour tenter de dissimuler la vraie raison de cette non-inclusion: l'incompétence de nos élus.

Cela fait des années que Genève se distingue, malgré ses immenses atouts, essentiellement par ses «Genferei» et par son impossibilité apparemment congénitale, à faire avancer le moindre de ses projets. On connaît tous les incroyables ratés, retards, projets mal ficelés, sans envergure, sans âme et se heurtant à toutes les oppositions possibles et imaginables.

Zürich avance et réalise ce dont Genève ne peut que rêver. Mais est-ce seulement à cause de l'odieuse machination des Alémaniques ? Croire cela, c'est s'empêcher de réfléchir, c'est se bercer d'illusions, c'est s'interdire de trouver une solution en comprenant mieux les arcanes de la vie confédérale.

Entre un élu qui se laisse aller à l'injure confédérale de la plus vile espèce (que ces propos soient tenus au bord d'un terrain de football est déjà lamentable, mais qu'ils sortent, à la radio, à une heure de grande écoutes, dans l'émission politique phare de la RSR, de la bouche d'un élu, est tout simplement inadmissible), un autre qui fait apparemment (l'enquête le dira) le coup de poing, une autre qui ne tient pas ses troupes, une quatrième qui cautionne un réseau de transports publics qui ne satisfait personne, la liste des frustrations pour le simple citoyen genevois s'allonge comme le nez de Pinocchio.

Au lieu de vitupérer contre la Berne fédérale, nos élus feraient beaucoup mieux de retrousser leurs manches, de travailler ENSEMBLE à définir un vrai projet pour Genève, dont doit faire partie le contournement est de Genève. Imaginez que l'on en est encore à se demander si l'on ne voudrait pas plutôt passer encore une fois par l'ouest, soit en construisant une nouvelle autoroute, soit en élargissant l'actuelle. C'est inimaginable. Et l'on voudrait que Berne s'engage et dise: "Oui, oui, choisissez une variante, déchirez-vous pendant encore 50 ans, et le jour où vous vous serez enfin mis d'accord (si cela arrive un jour), qu'il n'y aura plus d'opposition, que le dernier poisson rouge aura été consulté et aura donné son avis, eh bien nous financerons volontiers vos moindres désirs".

Quelle inconséquence !

Commentaires

Bonjour,

J'en pense autant que vous !

Les raisons de cet échec genevois se trouvent avant tout à Genève et non à Berne comme certains cherchent à nous le faire croire. Il faut que Genève se ressaisisse et cesse de se lamenter.

Quand la députation genevoise aux Chambres fédérales parlera d'une seule voix, peut-être alors verra-t-on de véritables projets genevois avancer à Berne, mais d'ici-là il faut se rendre à l'évidence, certains Conseillers nationaux et Conseillers aux États s'intéressent davantage aux relations internationales de la Suisse plutôt qu'à la vie quotidienne des Genevois. Quand vous leur parlez de bouchons, certains comprennent dégustations œnologiques, d'autres encore ont les yeux fixés sur la flottille de Gaza et non pas sur les Mouettes genevoises de la Rade. Une question d'égo, d'ambition ou de recherche de prestige ?
Toujours est-il que ces gens-là ont été élus par des Genevois pour représenter Genève à Berne et avant tout pour défendre les intérêts notre canton, pas pour philosopher ou gloser sur ce Monde qui va si mal et pour en analyser les causes.

A croire que d'aucuns s'imaginent en "BHL", en défenseurs de la veuve et de l'orphelin. Genève ne peut pas résoudre tous les problèmes du monde, mais peut en revanche travailler à résoudre les siens propres.

Quant aux propos de Luc Barthassat, je les ai entendus et ils m'ont choqué moi-aussi. Luc Barthassat m'a déçu. Il feint ne pas avoir compris le fonctionnement de notre État fédéral.

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 22/01/2012

Bonsoir M. d'Hôtaux,

Excellent commentaire.

Je crains comme vous que la défense de leur ego inspire plus de nombreux élus genevois que les besoins, immenses, de la population prise en otage par ces combats trop souvent nombrilistes ou déplacés.

Un politicien a le droit d'avoir des convictions. C'est même un devoir. Mais cela ne doit pas paralyser ou parasiter son action au jour le jour. Au-delà des grandes envolées lyriques, faire de la politique n'est efficace que si l'on retrousse ses manches, met "la main dans le cambouis", participe à des commissions souvent fastidieuses, comprend en profondeur le fonctionnement du fédéralisme et fait avancer les projets pas à pas, en trouvant des compromis. C'est moins glorieux mais peut être terriblement efficace.

Ces politiciens intelligents et pragmatiques, capables de travailler loin des projecteurs, manquent terriblement à Genève.

Écrit par : Gérard Meyer | 22/01/2012

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