15/11/2011

Le néo-libéralisme nous mène à une impasse totale (2)

Mme Merkel vient de dire que "l'Europe traverse sa pire crise depuis 1945". Et on peut bien évidemment dire exactement la même chose des Etats-Unis.

Alors, est-ce le fruit du hasard ou de la malchance ou d'une malédiction plus ou moins divine ?

Non, c'est le résultat exact, mathématique, économique autant que sociologique de plus de 20 années de dérégulation: de l'économie, de la protection de l'environnement, de la protection des travailleurs, de la morale (comme évoqué dans le billet précédent). Nous sommes arrivés au stade où nos Sociétés sont sur le point de basculer vers l'abîme. Je crois, je veux croire, que nous avons encore le choix, même si ce choix est essentiellement entre les mains d'une petite poignée d'oligarques qui tiennent à leurs privilèges par-dessus tout.

L'histoire n'est qu'une succession de conflits où la défense des intérêts des puissants était déguisée en intérêt national, patriotique, afin d'entraîner l'adhésion des sans grades à la défense de leurs intérêts. Combien d'hommes, de femmes et d'enfants, en Europe, en Asie, ou ailleurs sont morts pour défendre l'intérêt étroit d'empereurs, de rois, de princes, de ducs, de  comtes, de seigneurs ou de potentats locaux. Même l'Eglise a utilisé la manipulation des consciences pour parvenir à des fins de puissance séculière.

Et lorsque les intérêts de ces puissants étaient vraiment menacés, eh bien on n'a pas hésité à utiliser les grands moyens, y compris au 20ème siècle: Franco en Espagne a été le bras armé de ceux qui défendaient leurs privilèges. Idem pour Pinochet au Chili. Et Hitler a eu, au moins au début, la bienveillance de ceux qui le voyaient comme le meilleur rempart au bolchévisme.

Aujourd'hui, ces mêmes forces, ont déguisé leurs paroles en tenant un discours de propagande en faveur de la "liberté d'entreprendre", liberté savamment confondue avec la liberté tout court. Nous tous, ou presque, avons foncé dans ce piège, tout cela pour nous apercevoir, mais un peu tard, que nous étions devenus les jouets d'une nouvelle aliénation: fruit de l'hyper individualisme, de l'égoïsme décomplexé, du refus de la solidarité sociale, de la mise en compétition de travailleurs vivant dans des univers sociaux, culturels et économiques diamétralement opposés. Tout cela a créé une situation insupportable pour beaucoup et potentiellement explosive, car ceux qui, en Occident, profitent encore du système, sont de moins en moins nombreux.

Les anciens seigneurs féodaux ont été remplacés par les membres des conseils d'administration des grandes sociétés multinationales. Les nouveaux seigneurs portent costume/cravate, sont anonymes, voyagent en jet privé, et tutoient la classe politique qu'ils considèrent comme étant à leur service.

Le but de ces nouveaux seigneurs, ceux qui détiennent une grande partie des clés de notre avenir commun à travers les choix d'investissement qu'ils feront et ne feront pas, n'est pas d'améliorer notre environnement social, ni de favoriser la protection de l'environnement. Leur but est de continuer de s'enrichir et de concentrer les pouvoirs. Quel qu'en soit le coût social et environnemental. C'est pourquoi ils nous mènent à cette impasse totale, sur tous les plans, car les intérêts égoïstes de quelques-uns ne peuvent en aucun cas représenter des forces positives, des forces de vie, des forces au service de ce que l'on appelle communément la "vie", même si on ignore son essence profonde, ou qu'on l'affuble de noms divers et variés.

Le but d'une pharma n'est pas de guérir, son but est de vendre de plus en plus de médicaments. Le but d'un cigarettier est de vendre de plus en plus de cigarettes, Celui d'un fournisseur d'électricité..., y compris d'origine nucléaire. Etc.., etc..

C'est un étrange aspect de cette force de vie: quel que soit le système, que l'on parle d'une plante, d'un animal, d'un être humain ou d'une entreprise, une fois «en vie», il/elle va faire tout ce qui est en son pouvoir pour vivre, grandir, se développer y compris au détriment de ses voisins. Un animal prédateur n'a aucun état d'âme lorsqu'il attaque puis dévore sa proie. Au fond, une entreprise ne se comporte pas autrement.

Il n'y a que lorsque l'humain intègre une dimension supérieure, la liberté de conscience apportée par l'Amour qu'il peut surmonter les pulsions de mort qui font apparemment partie de la vie.

Commentaires

Criant de vérité, merci, mais comment faire pour sortir du capitalisme ? Nous sommes un peu tous les "Alice" qui nous questionnons sur le chemin à prendre...

Écrit par : Androide | 15/11/2011

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