28/10/2011

Le monstre froid a encore frappé

Deux mille emplois en moins chez Novartis, alors que l'entreprise vient de réaliser un bénéfice record ! Et l'on nous explique que l'entreprise doir préparer l'avenir et que les brevets de nombreux médicaments arrivent bientôt à échéance.

Il n'empêche que c'est avec ce genre de comportements que le monstre froid et anonyme (c'est tellement plus pratique de se cacher derrière l'anonymat) va se faire détester encore un peu plus et peut-être un jour faire descendre des nuées d' «indignés» dans les rues de nos villes. Et ce jour-là, ce ne sera pas pour lui conter fleurette.

Je persiste à ne pas comprendre l'aveuglement de nos décideurs car tout prouve que c'est la désindustrialisation de l'Occident qui nous entraîne au bord du gouffre. Cette désindustrialisation voulue par ces mêmes décideurs.

Pas besoin, pourtant, d'être prix Nobel d'économie pour se rendre compte qu'une économie qui paupérise ses propres consommateurs est, par définition, condamnée à la faillite. N'avons-nous pas suffisamment d'exemples criants depuis la crise des subprimes qui a jeté tant d'Américains à la rue ? Que faudra-t-il encore pour ramener ne serait-ce qu'une minuscule lueur de conscience dans les rouages de nos économies et dans les cerveaux des décideurs ?

C'est tout le problème de l'économie privée. Chaque entreprise et chaque Conseil d'administration voit midi à sa porte et n'a que faire des conséquences de ses décisions en dehors de son petit cercle. Supprimer ces emplois va faire gagner 200 millions aux actionnaires de cette entreprise. C'est tout ce qui les intéresse. L'image globale de ses autres conséquences sur le tissu social et économique de ce pays n'a aucune importance à leurs yeux. Pas plus que les cascades de conséquences que cela aura sur :

  • ces employés et leurs familles dans leur comportement de consommateurs
  • les pertes fiscales pour l'Etat
  • les pertes pour tout une série de sous-traitants, etc.., etc..

Le comportement anti-social et aveugle de ces poignées d'actionnaires obscénement riches est en train de tuer nos pays non sans que ceux-ci, et leurs habitants, risquent d'abord de passer par de douloureuses convulsions.

Pour prendre une simple analogie: si dans une forêt un arbre était vraiment plus grand que les autres, étendait ses racines dans toutes les directions pour pomper l'eau et les nutriments du sol et étendait ses branchages loin à la ronde, il tuerait toute vie autour de lui. Cela, le premier imbécile venu le comprendrait.

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22/10/2011

On a les icônes que l'on se donne

Après le décès attendu de Steve Jobs, on a assisté aux scènes qui sont devenues habituelles, chaque fois qu'une personnalité appréciée du grand public, décède: des fleurs, des larmes, des messages sur la toile, la création d'une sorte de transe collective passablement irrationnelle.

On l'a vécu en son temps avec la Princesse Diana qui était certes une très jolie femme et qui a eu la bonté de serrer un ou deux enfants sidéens dans ses bras, mais méritait-elle les démonstrations  médiatiques et populaires qui ont entouré son décès dans les circonstances tragiques que tout le monde connaît ?

Plus récemment, ce furent des scènes tout aussi excessives après le décès de Michael Jackson. Alors, oui, il était un grand danseur et un musicien exceptionnel. Mais après ? En tant qu'icône, qu'avait-il à proposer ? Sa fin montre surtout une extrême souffrance, une immense solitude et certainement une perte de ses repères.

Concernant Steve Jobs, le «génie» qui a changé la vie de tant d'internautes (dixit certains témoignages), je viens d'entendre une émission sur la RSR1 («La pomme qui empoisonne les Chinois»), qui dénonce les terribles dégâts environnementaux causés par les usines Apple en Chine. Et le fait qu'Apple a longtemps refusé de coopérer. C'est la face cachée d'Apple.

Nous acclamons cet homme comme une sorte de Messie de la Toile alors qu'il a activement favorisé la création d'usines extrêmement polluantes en Chine, qui ont causé de graves troubles de la santé (jusqu'à des cancers) des habitants voisins de ses usines. Le Messie n'avait pas les mains vraiment propres.

C'est un des autres méfaits de la globalisation de l'économie: non seulement cela a eu pour effet de détruire le tissu industriel producteur de richesses dans nos pays, au profit des seuls actionnaires des entreprises ayant délocalisé, mais ces mêmes entreprises en ont profité pour produire non seulement à très bas prix, mais en violation flagrante et scandaleuse de toutes les Lois (non existantes dans ces pays émergents) de protection des travailleurs et de l'environnement.

L'économie mondialisée est une absurdité à tous points de vue: chaque jour des milliers de navires, sillonnent les mers du monde pour transporter les matières premières d'un coin à l'autre. Et autant qui transportent des biens de consommation d'un pays à l'autre, à la recherche du moindre coût :

  • Des animaux élevés en Europe pour profiter des subventions partent au Liban (par exemple) pour être équarris, avant de revenir en Europe pour y être vendus
  • Idem pour les crevettes pêchées ici, décortiquées là et revendues encore ailleurs
  • Et bien sûr tous les produits venant de l'usine du monde, la Chine, vendus en Occident.

Tout cela (les exemples pullulent) utilise des quantités monstrueuses de pétrole, une ressource que l'on sait limitée, et prouve encore plus l'absurdité du système. Pourra-t-on encore longtemps accepter un système qui:

  • Met en compétition des travailleurs vivant dans des époques différentes (nos entreprises profitent, en Chine, de conditions cadres qui existaient en Europe à l'époque de la Révolution industrielle, au milieu du 19ème siècle),
  • Détruit notre tissu industriel et, par là-même, va détruire tout ce que les grands combats syndicaux ont réussi à arracher aux tenants du capital (on voit à quel point le filet social est attaqué dans nos pays et est en passe d'être détruit dans les pays qui sont aux abois, comme la Grèce)
  • Détruit l'environnement en profitant de la soif de développement des pays du Tiers-Monde et de la cupidité inextinguible des potentats locaux

Si je reconnais que Steve Jobs avait un génie industriel qui lui était propre, je ne peux oublier la face sombre du personnage et de l'entreprise qu'il a créée.

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20/10/2011

Va-t-on vraiment vers la démocratie ?

Pour tous ceux pour qui la laïcité et la liberté de conscience sont des valeurs indispensables à la vie en Société, ce qui se prépare dans de nombreux pays musulmans a de quoi inquiéter.

De partout, en effet, on reçoit des nouvelles qui vont dans le sens opposé à celui ouvertement recherché par nos «démocraties» depuis les attentats de 2011, à savoir la démocratisation des pays musulmans:

  • Afghanistan: les Talibans sont en train de tisser leur toile, de constituer un gouvernement de l'ombre, d'amadouer les populations qui ont pourtant déjà subi leur joug. Mais face au gouvernement fantoche, corrompu et impuissant mis en place par les Américains, ils n'auront aucune peine à reprendre le pouvoir, avant même que le dernier soldat de l'OTAN ait quitté le territoire
  • Pakistan: l'infiltration des islamistes aux plus hauts niveaux de l'Etat (administration, armée, services secrets) est si importante que les Etats-Unis sont régulièrement trahis par cet «allié» au double jeu
  • Iran: il faudrait être très naïf pour croire que le programme nucléaire est exclusivement civil
  • Tunisie: c'est le premier pays ayant fait sa «révolution» qui va aller voter, le 23 octobre. Las, on apprend que le parti islamiste est le seul à être structuré, ce qui n'est pas une surprise, et le seul à présenter un programme politique digne de ce nom. Ce que les naïfs ou les désespérés qui vont aller voter pour lui ne savent pas est que le vrai programme politique de ce parti ne se trouve pas inscrit sur les affiches électorales. Il est à craindre que l'avenir de la Libye et de l'Egypte (on connaît par exemple, la force des frères musulmans ou la violence que subissent les Coptes) ne soit pas plus rose
  • Yémen: les rebelles chiites qui attaquent le régime en place ne sont pas là pour permettre une transition démocratique
  • Turquie: ce pays qui se veut le champion d'un Islam «modéré» (un oxymore) et qui donne volontiers des leçons dans sa région, donne des signes inquiétants. Non seulement l'armée, gardienne de la laïcité de ce pays a été mise au pas, mais des bruits inquiétants courent sur les pressions faites sur les médias pour qu'ils se taisent. L'autocensure règne et de nombreux journalistes récalcitrants (on parle de 61) sont emprisonnés. Je m'étais permis, en septembre 2010, d'émettre une opinion dans ce blog sur la possible entrée de la Turquie dans l'UE (voir "Les limites de l'intégration de la Turquie en Europe"). les derniers développements ne font que renforcer ma conviction de l'époque.

A ce rythme, si les tendances actuelles se confirment, nous allons nous retrouver dans quelques mois avec une situation complètement nouvelle et très inquiétante avec tous ces pays passés dans le camp des ennemis de la laïcité, de la liberté de conscience, de la femme.

Tout cela au moment où nos pays sont ruinés à cause de la cupidité congénitale et aveugle de quelques-uns et par les guerres coûteuses et sans issues en Irak et en Afghanistan.

Je ne sais si Ben Laden avait conçu les attentats du 11 septembre comme l'amorce d'un piège dans lequel faire tomber la puissante armée des Etats-Unis. Si tel était le cas, il était un génie et son plan diabolique a fonctionné au-delà de toutes ses espérances.

Nous allons peut-être devoir faire face à une situation de plus en plus incertaine et dangereuse dans les mois et les années qui viennent, qui plus est dans un état de totale impréparation.

 

18/10/2011

La cupidité est plus forte que les leçons de l'Histoire

Souvent, dans ce blog, je me suis ouvert de ce qui me scandalise, me chagrine et m'inquiète dans la marche du Monde (voir parmi beaucoup d'autres le billet "Le (non) sens des responsabilités du secteur privé"). La liste des déséquilibres et des dysfonctionnements est une interminable litanie et la Terre qui pourrait être un endroit somme toute agréable est transformée en champ de bataille par la cupidité de quelques-uns et la violence de trop nombreux autres.

Nous avons déjà vécu de nombreux cycles qui se sont presque tous mal terminés. Je ne suis pas historien, mais point besoin d'un Doctorat dans cette branche pour se rendre compte que quelques-uns d'entre nous sont en train de créer les conditions d'un nouveau désastre. Quelle forme prendra ce désastre est encore largement ouvert mais je crains que nous ne tracions notre route avec beaucoup de détermination.

De nombreux dangers nous menacent et cela ne vient pas du ciel: pas de météorite monstrueuse à l'horizon, non, juste notre cupidité et/ou notre manque d'amour les uns pour les autres.

Et je dis «notre» car il semblerait que cela fasse partie de ce qu'il faut bien appeler la «nature humaine». En effet, à toutes les époques, sous toutes les latitudes, il y a toujours eu une classe, un groupe, un sexe, une religion qui a dominé l'autre, ou les autres, et souvent avec beaucoup de violence.

Qu'y a-t-il de vicié au cœur de notre espèce pour qu'à chaque fois que nous croyons avoir tué le dragon il renaît sous une autre forme ? Qu'à chaque fois qu'une Révolution renverse un groupe despotique, un autre groupe tout aussi despotique prenne le relais ?

Aujourd'hui les menaces sur notre espèce sont partout:

  • Des financiers/économistes véreux et/ou dogmatiques et leurs affidés politiciens ont mis l'économie planétaire en coupe réglée,
  • Le lobby de l'industrie pharmaceutique dicte l'agenda de la recherche médicale, fait la pluie et le beau temps dans les Académies de médecine et bien sûr nos Ministères de la Santé, et a trop souvent transformé les médecins en simples représentants de commerce de leur industrie,
  • Ces mêmes lobbies travaillent sur des souches de bactéries et de virus en les recombinant, pour des vaccins notamment, dans une grande soupe du diable dont personne ne peut garantir que nous ne nous retrouverons pas un jour face à des souches virales ou bactériennes totalement inconnues de notre système immunitaire, résistantes à tous les traitements et face auxquelles nous serons totalement démunis, d'autant que l'abus d'antibiotiques et de médicaments immuno réducteurs comme la cortisone, affaiblit de nombreux systèmes immunitaires,
  • Le lobby de l'agro-alimentaire modifie de façon irréversible notre façon de produire nos aliments, dénature lesdits aliments, manipule le vivant, s'approprie celui-ci par des brevets et transforme de nombreux agriculteurs en serfs impuissants, voire les pousse au suicide, comme cela arrive souvent en Inde,
  • Le lobby de l'industrie chimique produit tous les jours des tonnes de substances chimiques éminemment nocives qui sont en train d'impacter de façon irréversible également, notre santé et nos capacités de reproduction (la qualité du sperme des nouvelles générations est en baisse dramatique),
  • L'électro-smog est un danger sournois encore mal identifié,
  • Ces atteintes multiples à notre santé par les points cités plus haut font exploser les maladies inflammatoires, allergiques, métaboliques et dégénératives (maladies articulaires, sclérose en plaques, cardiovasculaires, asthme, obésité, diabète, Parkinson, Alzheimer, cancer)
  • Notre appétit frénétique d'énergie nous amène à saccager la nature de multiples façons et les déchets nucléaires sont un terrible fardeau pour l'avenir (au très long cours?) de l'Humanité
  • La criminalité, depuis la petite délinquance jusqu'aux pires maffias du crime organisé, induit une souffrance insupportable pour des millions de gens (pensons ne serait-ce qu'à toutes ces femmes trompées, kidnappées, violées, battues et forcées à la prostitution dans des conditions de violence inimaginables)
  • La misère imposée à tant de milliards d'habitants force un nombre toujours plus grand de pauvres à migrer vers les pays qui apparaissent à leurs yeux d'une insolente richesse. Ces déplacements massifs de population créent des déséquilibres qui, lorsqu'ils atteindront leur paroxysme, risqueront de jeter les communautés les unes contre les autres, sans régler en rien la misère congénitale de leurs pays d'origine

Tout cela nous le voyons tous les jours sous nos yeux. Et pourtant nous sommes comme un train fou, fonçant sans pilote vers l'abîme. Et ceux qui pourraient modifier la course de notre convoi, ne semblent pas vouloir ou pouvoir modifier sa direction. C'est la faillite du capitalisme, comme de tous les autres systèmes avant lui.

Ce système n'a jamais été aussi efficace et «juste» que lorsqu'il avait un puissant contre-pouvoir, le communisme, qui menaçait nos pays par sa surpuissante armée et l'infiltration de ses idéaux dans nos pays, auprès de nombreux intellectuels et de larges couches de la population. En ce temps-là, les tenants du pouvoir économique savaient qu'ils devaient partager leurs richesses, au risque de créer les conditions de l'arrivée au pouvoir des communistes par des voies démocratiques.

Ce partage forcé des richesses a dû créer une grande souffrance chez les ultras riches. Un jour ils ont décidé que cela suffisait. Qu'ils en avaient marre de partager avec tous ces culs terreux. Nous. Et une fantastique opération de propagande, pour faire accréditer les fallacieuses idées de la droite économique la plus extrémiste, a été entreprise auprès des médias par des agences de com, puis des Universités en finançant des chaires d'économie qui ont, depuis, formé des générations d'économistes inféodés à ces cercles et enfin auprès des pouvoirs politiques dans tous les pays «démocratiques» à la fois.

Cela a fonctionné du feu de Dieu et depuis la chute du mur de Berlin les ultras riches nous font payer le prix fort pour toutes leurs souffrances endurées pendant les «trente glorieuses».

Ils ne semblent pas réaliser que la fête n'est pas éternelle et que leurs excès mêmes sont en train de détruire les fondements de leur propre richesse, voire les conditions mêmes de la vie sur Terre.

Jusqu'à quand la cupidité sera-t-elle plus forte que les leçons de l'Histoire ?

 

15/10/2011

Les Banques continuent leurs jérémiades

Selon une simulation effectuée par la banque Goldman Sachs, «les besoins de recapitalisation des Banques européennes pourraient s'élever à 298 milliards d'euros».

Plus un jour sans que les Banques pleurnichent sur leur sort et organisent, savamment (elles ont de bonnes agences de com), leur chantage habituel. Elles parviennent même à occulter (très) momentanément les difficultés des Etats européens. Très momentanément, car il est bien évident que dès que les Etats européens se seront endettés encore plus pour recapitaliser les Banques, les Marchés vont leur tomber dessus pour dénoncer leur inconséquence.

Vraiment un système de fous où les pyromanes sont systématiquement récompensés et où les honnêtes citoyens qui souffrent des dérives des transactions opaques des établissements financiers sont obligés, avec la complicité de leurs gouvernements élus et autistes à leurs peuples, de sauver ceux qui les étouffent.

A l'heure où une action citoyenne est peut-être en train de voir le jour, qui sait à l'échelle mondiale, les Banquiers, les financiers de haut vol, tous les prédateurs et les profiteurs du système, où qu'ils sévissent à la surface de la planète, qu'ils soient voleurs er manipulateurs institutionnalisés à Wall Street, Banquiers apparemment honorables à la Paradeplatz ou communistes «encapitalisés» en Chine, devraient peut-être réfléchir deux fois avant de continuer leurs entreprises de détournement des Institutions en faveur d'une minuscule caste de nantis.

Pour l'instant les Indignés sont encore relativement inaudibles sur la place publique, mais la pression monte petit à petit. Cette colère qui s'accumule contre l'injustice, les mensonges, les manipulations pourrait ressembler à l'accumulation d'énergie qui a lieu pendant des années dans la chambre magmatique sous un volcan: en surface, tout paraît calme et un jour, sans signes avant-coureurs ou presque (visibles seulement par des instruments sophistiqués), c'est l'explosion, dévastatrice généralement.

Pourquoi met-on des instruments aussi sophistiqués pour surveiller des volcans comme le Vésuve et n'a-t-on apparemment aucun instrument sociologique et politique pour comprendre et prévenir la future et peut-être prochaine grosse colère des citoyens qui se sentent de plus en plus floués, abusés, trahis par un système qui ne fonctionne que pour le bénéfice d'une grosse poignée de profiteurs ?

13:22 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : les banques continuent leurs jérémiades, les indignés | |  Facebook

06/10/2011

Ce sont les mêmes

Le FMI, les experts économiques et les inévitables «Marchés» s'inquiètent ouvertement de l'ampleur de la dette européenne (pour ne pas parler de celle tout aussi «monstrueuse» des Etats-Unis) et du manque de réaction concertée des autorités publiques pour juguler son impact sur l'économie en général et sur les banques qui sont à la veille de connaître une crise de même nature et de même ampleur qu'en 2008.

Ces mêmes «experts» appellent à une réponse massive et concertée de nos Etats pour sauver une nouvelle fois l'économie du gouffre au bord duquel elle se trouve.

Si le diagnostic est malheureusement probablement exact, cela ne dit rien des responsabilités des uns et des autres et les recettes qui ont à peu près fonctionné en 2008 ne sont plus applicables en 2011.

Pour mémoire et au risque de me répéter (plusieurs billets sur ce sujet dans ce blog), ce sont ces mêmes experts qui crient au loup qui ont dirigé nos économies, depuis la fin des années 70, vers le gouffre au bord duquel nous nous trouvons tous aujourd'hui, par des mesures qui ont profondément, et pour toujours, modifié les rapports de force économiques, et donc politiques, à la surface de la planète:

  • Dérégulation massive des économie occidentales, dans tous les secteurs
  • Diminution tout aussi massive du rôle de l'Etat en tant qu'arbitre du fonctionnement de l'économie
  • Transfert systématique de nos outils de production vers les pays à très faibles coûts de main d'œuvre, pour le plus grand profit des actionnaires
  • Transformation des économies occidentales en économies de services
  • Transfert tout aussi systématique et massif de richesse des classes pauvres et moyennes vers le 1% le plus riche de la population

Après 30 années de profits monstrueux, de rémunérations et de bonus obscènes, de mise en semi esclavage des laissés-pour-compte de la dérégulation (je pense, par exemple, aux working poors qui tout en ayant un travail à plein temps sont obligés de vivre dans leur voiture car ils ne peuvent plus se payer un loyer, ou à tous ceux qui vivent d'expédients, étranglés par un endettement personnel devenu insupportable, etc..), nous avons connu une première crise gravissime, la crise des suprimes, la plus grave depuis les années 30.

Plutôt que de chercher à trouver des solutions, nos gouvernements ont mis des emplâtres sur des jambes de bois. Gros les emplâtres. Au total, des milliers de milliards de dollars pour sauver les Banques qui, du fait de leur folie spéculative et d'outils financiers pervers et dont elles avaient perdu la maîtrise, ont pris la population et nos Etats en otage: «Soit vous intervenez pour nous sauver, soit ce sera l'Apocalypse».

Nous avons évité l'Apocalypse en 2008. Qu'avons-nous fait depuis ? Rien ou à peu près. Sitôt les Banques sauvées, elles se sont remises à faire des profits monstrueux et à distribuer des bonus obscènes. Parallèlement elles faisaient pression sur nos gouvernements et nos parlements pour les empêcher de prendre des mesures législatives pour empêcher une telle situation à l'avenir. Et elles ont fort bien réussi.

Nos économies ne sont pas malades de l'endettement de nos Etats. Cela n'est que le symptôme. Nos économies sont malades de la désindustrialisation, à l'exception notable de la Suisse et de l'Allemagne, deux pays qui ont su conserver un tissu de PME actives et socialement responsables et qui sont les deux pays qui s'en sortent le mieux, pour l'instant tout du moins.

Ces milliers de milliards de dollars investis en Chine et en Inde, depuis 30 ans, manquent cruellement à nos économies. Des dizaines de millions d'Américains vivent en-dessous du seuil de pauvreté. De même que des dizaines de millions d'Européens. Et des dizaines de millions d'autres ont un pouvoir d'achat à peine supérieur. Au total, cela veut dire qu'il y a probablement plus de 200 millions d'Occidentaux qui ont un pouvoir d'achat qui ne leur permet plus que de survivre. Ces laissés-pour-compte sont obligés de consommer bon marché, donc chinois, ce qui aggrave encore la désindustrialisation.

Tant que nos brillants économistes refuseront de voir qu'ils ont eux-mêmes créé le problème qu'ils dénoncent, tant que les ultras riches refuseront de partager leur richesse plus équitablement, nos Etats continueront d'être ruinés en s'endettant toujours plus pour financer leurs déficits.

La recette qui a fonctionné en 2008 ne pourra pas fonctionner en 2011 car justement les Etats se sont tellement endettés pour sauver les Banques, qu'ils sont aujourd'hui ruinés. Croire que l'on pourra sauver le malade en en remettant une couche, ou en appliquant des cures d'austérité qui vont paupériser des pans encore plus larges de la population c'est un peu comme le médecin qui voyant son malade s'affaiblir de plus en plus va appliquer des remèdes de plus en plus puissants, ceux-là mêmes qui vont tuer le malade. Tout cela parce que le médecin n'a pas compris, ou pas voulu comprendre, la genèse de la maladie.

Ce dont nos économies ont besoin est d'une révision en profondeur de notre tissu économique en les réindustrialisant par l'assèchement des investissements privés en Chine et en Inde au profit de nos économies sinistrées et d'une refonte de la solidarité entre ceux qui ont, qui savent et qui pourraient et ceux qui souffrent de situations qu'ils subissent et sur lesquelles ils ont peu de prise (nous, citoyens ordinaires, avons toutes les peines du monde à nous faire entendre de ceux qui nous gouvernent).

Tout le reste ne sert qu'à prolonger l'agonie du malade et ne permettra pas de quitter longtemps le bord du gouffre.

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01/10/2011

La chute des superflics

Sans tomber dans le romantisme, force m'est de dire que j'admire ces policiers qui font un des métiers les plus durs et les plus ingrats qui soient au monde. Tous les jours ils sont confrontés à ce qu'il y a de plus tordu en l'être humain, à l'hypocrisie de la classe politique et aux impuissances de la «Justice».

Effectuant un métier qui peut être stressant, je ne peux que me sentir très humble face à ces hommes et ces femmes qui, tous les jours, risquent leur vie sur le terrain, entre l'indifférence de la population et les effets de manche de nos élus.

Il y a certainement des ripoux parmi eux et l'enquête devra l'établir. Mais est-ce si étonnant et qui pourrait leur jeter la première pierre ?

Lorsque tous les jours:

  • vous êtes confrontés à des malfrats de plus ou moins haut vol,
  • vous devez trouver un moyen terme entre la répression pure et dure et le besoin de tisser des liens afin de pénétrer le milieu,
  • vous voyez votre dur travail être anéanti par des politiciens au double langage (en gros:  je suis pour la tolérance zéro mais il faut relâcher les criminels car il n'y a plus de place en prison ou que cela fait tache dans les statistiques) ou des Juges complaisants ou motivés par d'autres agendas,
  • que vous êtes confrontés au cynisme de criminels qui profitent de leur impunité pour s'enrichir ignominieusement,
  • que vous voyez les élites perdre tout sens moral pour piller légalement le pays dans lequel vous vivez, à coup de détournements de subventions, de cadeaux fiscaux, de transferts de richesse des pauvres et de la classe moyenne vers les riches, de bonus extravagants et de parachutes dorés, de copinage entre amis, de spéculation effrénée y compris sur les produits de première nécessité. Que la déliquescence morale desdites élites atteint des proportions que l'on espérait appartenir définitivement au côté sombre de l'histoire de l'Humanité

Ne faudrait-il pas avoir une conscience surhumaine de sa mission  pour résister à la tentation de tirer également un avantage personnel de cette proximité quotidienne avec le crime ?

Jusqu'à preuve du contraire, je serais tenté de penser qu'il y a plus de droiture dans la police que chez nos élites corrompues.

20:15 Publié dans Sécurité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : la chute des superflics de lyon | |  Facebook