01/10/2011

La chute des superflics

Sans tomber dans le romantisme, force m'est de dire que j'admire ces policiers qui font un des métiers les plus durs et les plus ingrats qui soient au monde. Tous les jours ils sont confrontés à ce qu'il y a de plus tordu en l'être humain, à l'hypocrisie de la classe politique et aux impuissances de la «Justice».

Effectuant un métier qui peut être stressant, je ne peux que me sentir très humble face à ces hommes et ces femmes qui, tous les jours, risquent leur vie sur le terrain, entre l'indifférence de la population et les effets de manche de nos élus.

Il y a certainement des ripoux parmi eux et l'enquête devra l'établir. Mais est-ce si étonnant et qui pourrait leur jeter la première pierre ?

Lorsque tous les jours:

  • vous êtes confrontés à des malfrats de plus ou moins haut vol,
  • vous devez trouver un moyen terme entre la répression pure et dure et le besoin de tisser des liens afin de pénétrer le milieu,
  • vous voyez votre dur travail être anéanti par des politiciens au double langage (en gros:  je suis pour la tolérance zéro mais il faut relâcher les criminels car il n'y a plus de place en prison ou que cela fait tache dans les statistiques) ou des Juges complaisants ou motivés par d'autres agendas,
  • que vous êtes confrontés au cynisme de criminels qui profitent de leur impunité pour s'enrichir ignominieusement,
  • que vous voyez les élites perdre tout sens moral pour piller légalement le pays dans lequel vous vivez, à coup de détournements de subventions, de cadeaux fiscaux, de transferts de richesse des pauvres et de la classe moyenne vers les riches, de bonus extravagants et de parachutes dorés, de copinage entre amis, de spéculation effrénée y compris sur les produits de première nécessité. Que la déliquescence morale desdites élites atteint des proportions que l'on espérait appartenir définitivement au côté sombre de l'histoire de l'Humanité

Ne faudrait-il pas avoir une conscience surhumaine de sa mission  pour résister à la tentation de tirer également un avantage personnel de cette proximité quotidienne avec le crime ?

Jusqu'à preuve du contraire, je serais tenté de penser qu'il y a plus de droiture dans la police que chez nos élites corrompues.

20:15 Publié dans Sécurité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : la chute des superflics de lyon | |  Facebook

Commentaires

Je conviens tout à fait que les policiers exercent un métier ingrat, souvent dénigré, voire méprisé.
Pour tout cela, pour leur courage aussi, je leur en sais gré !

Mais :

" Ne faudrait-il pas avoir une conscience surhumaine de sa mission pour résister à la tentation de tirer également un avantage personnel de cette proximité quotidienne avec le crime ? "

Oui, mais cette question ne s'appliquerait-elle qu'aux "flics" qui ne sont finalement que des hommes et des femmes comme les autres, des citoyens ordinaires en quelque sorte ?

Qui d'entre nous dans sa vie, n'a jamais été confronté à ce genre de tentations cupides, sans avoir pour autant franchi la ligne rouge de l'interdit, sans avoir transgressé la loi ?
Est-ce vraiment surhumain que de résister à de telles tentations ?

Les lois sont faites pour tous, sans distinctions d'aucune sorte. Elles s'appliquent à l'ensemble de la société. C'est du moins ce que l'on nous enseigne dans un Etat de droit ...

Bon dimanche !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 02/10/2011

Bonsoir,

Oui, c'est vrai, tout le monde est un jour où l'autre confronté à ces choix. Ce qui change est l'échelle: certains sont en situation de voler un oeuf, d'autres de voler des milliards (on a vu les sommes extravagantes reprochées aux dictateurs de Tunisie, d'Egypte et de Libye, parmi beaucoup d'autres).

Ce qui complique les choses est lorsqu'il y a la conjonction de l'argent et du pouvoir. Je pense que plus l'on monte dans la hiérarchie du pouvoir et de l'argent et plus les tentations sont fortes. Et plus la nécessité d'une vraie force morale se fait sentir.

Dimanche soir, j'ai entendu une interview radiophonique de Patrick Delachaux, ancien policier genevois devenu consultant et écrivain. En relation avec la chute des superflics, mais sans se prononcer sur le fond de l'affaire, il disait (je cite de mémoire): "Le pouvoir discrétionnaire d'un policier peut aller si loin qu'il peut en arriver à attraper la grosse tête".

Je crois que la conjonction du pouvoir comme dans le cas d'un super flic ou d'un politicien de haut niveau et de l'argent, ajoutée à la fréquentation quotidienne du crime sont des circonstances particulièrement difficiles nécessitant de ces hommes et de ces femmes une éthique et une force morale à toute épreuve, ce qui n'est certainement pas donné à tout le monde.

Écrit par : Gérard Meyer | 03/10/2011

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