26/09/2011

Qui sont les vrais dangers pour la sécurité à Genève

Intéressant article aujourd'hui, dans la TDG, sur ces courageux citoyens qui tentent, au prix de leur propre sécurité (voir l'article listant toutes les intimidations subies), de sauvegarder ce qui reste de la (bonne) réputation de Genève, en empêchant, autant que faire se peut, les joueurs de bonneteau de sévir.

Nous savons tous que ce «manège» ridicule et inacceptable dure depuis de trop nombreuses années et que nos «autorités» (je mets toujours ce mot d' «autorité» entre guillemets, car en Suisse, ce mot est vraiment tellement galvaudé que je ne peux l'utiliser sans rire).

Je trouve extrêmement triste et inquiétant que de braves gens se voient obligés de faire ce que l'Etat est incapable de faire. Et je félicite ces honnêtes citoyens de s'engager, avec leur courage comme seule arme, contre ces bandits des rues et en faveur d'une certaine image qu'ils se font de leur ville.

Où l'article me fait bondir, c'est lorsque je lis les conclusions de M. Laurent Paoliello, responsable de la communication pour la conseillère d'Etat responsable de la Police, Mme Isabel Rochat: «[...] D'un sentiment d'insécurité, cette milice crée une véritable insécurité et la renforce.»

Formidable, magnifique ! Maintenant nous savons enfin qui crée l'insécurité à Genève. Peut-être ont-ils trouvé cette inspiration à New-York !

Vraiment, avec des commentaires aussi inspirés et une telle attitude de la part des responsables de la sécurité, Genève n'est pas au bout de ses peines. Les joueurs de bonneteau, les dealers, les malfrats, le petit et le grand banditisme ont encore de beaux jours devant eux. Et nous, honnêtes citoyens, payons tous le prix de l'impéritie de nos «autorités». Avant que ce soit la ville de Genève, dans sa globalité.

Alors qui sont les vrais dangers pour la sécurité à Genève ? L'article y répond magistralement. Par l'absurde. La situation de déliquescence créée par nos «autorités» montre où se trouvent les vrais responsables.

Et merveille de la démocratie, on apprend un peu plus loin, par la bouche du même M. Paoliello que : «Nous souhaitons procéder à une modification du règlement d'application pour permettre aux agents de la police municipale d'intervenir contre les bonneteurs». L'initiative doit être validée par le Conseil d'Etat.

Voilà la réalité, d'un côté nous avons nos démocraties qui, pour chaque problème, même brûlant, doivent passer par tous les méandres des voies législatives: des mois et des mois pour interdire la mendicité, combien d'années faudra-t-il pour réaménager le Code pénal pour qu'il retrouve un caractère plus dissuasif (et là, cela se complique car il faut passer par Berne), etc.. De l'autre, des petites frappes, mobiles, déterminées, ayant un mépris abyssal pour nos coutumes et nos institutions, qui se partagent un nouveau marché du crime en 2-3 coups de téléphone portable ou en 2-3 coups de couteau.

C'est un drame dont je ne vois pas l'issue car nos Sociétés n'ont jamais trouvé une voie entre la démocratie veule et la dictature la plus abjecte.

22/09/2011

Trop de mots, pas assez d'actes

Officiellement, le trafic sur les routes nationales a doublé ces 20 dernières années.

Je crains qu'il en soit à peu près de même dans nos villes. En tous les cas, mon nez est convaincu de la hausse constante et considérable de la pollution dans notre pays et dans nos villes. Je suis effaré de l'explosion du nombre de mobylettes qui sillonnent nos rues, été comme hiver, des engins littéralement monstrueux tant ils sont une agression systématique pour nos poumons et nos oreilles. Tout aussi effaré par l'augmentation de vieilles voitures poussives, évidemment sans pot catalytique, dont, même lorsqu'elles se cachent derrière le doux euphémisme de «old timer», n'en sont pas moins des bombes à retardement ruinant tous nos efforts pour améliorer la qualité de l'air. Comme en plus la part des voitures roulant au diesel a également explosé dans le parc automobile, passant de 4-5% il y a 20 ans à près de 40% aujourd'hui , et en n'oubliant pas que le parc automobile suisse détient le triste privilège d'être le plus polluant d'Europe, on comprend que l'air de nos finalement petites villes, devient irrespirable. Tout cela alors que 80% des Suisses se disent «prêts à faire quelque chose pour l'environnement».

Il serait temps de commencer à faire ce quelque chose. Certes, à partir de 2012, les nouvelles voitures diesel devront être équipées d'un filtre à particules, comme dans le reste de l'Europe, mais cela ne suffira pas. De loin pas.

Il faut prendre des décisions courageuses et pourquoi ne pas commencer par ces milliers de camions et de bus qui circulent tous les jours dans notre pays et qui étouffent nos villes.

Il y a des centaines d'automobiles postales et de bus des transports publics qui circulent la journée sur des itinéraires fixes et qui passent la nuit dans un hangar, toujours le même. La même chose peut être dite de milliers de camions de livraison qui ne font que quelques dizaines de kilomètres par jour, depuis leur entrepôt jusqu'à leurs clients. Ces engins extraordinairement bruyants et polluants seraient des candidats parfaits pour introduire les moteurs électriques dans leur exploitation quotidienne. Je suis persuadé qu'avec de la bonne volonté et des décisions ambitieuses, nous pourrions utiliser les milliers de m2  de toits de ces hangars et de ces entrepôts pour produire l'énergie électrique d'origine solaire qui ferait circuler ces véhicules, pour le plus grand bénéfice de nos oreilles et de nos poumons. En bref de notre santé.

Doit-on attendre d'être tous encore plus malades du bruit et de la pollution pour oser enfin prendre des mesures  volontaristes, coercitives au besoin, pour faire avancer les choses dans la bonne direction.

La nature humaine est ainsi faite, comme on l'a vu avec la fumée dans les lieux publics, que si l'on attend sur la bonne volonté des uns et des autres eh bien on peut attendre pour l'éternité. A un moment donné, il faut que l'Etat, qui devrait incarner le rôle de garant du bien vivre ensemble, impose, par toutes les mesures appropriées, un bond en avant qualitatif, que cela plaise ou non à certains.

13/09/2011

Agriculture: la plus grande conquête de l'Humanité ? (6)

J'ai essayé d'énoncer aussi honnêtement que possible les limites d'un système, le végétalisme, qui se veut holistique mais qui ne l'est pas, au vu des risques pour la santé qu'il occasionne et des dégâts incalculables occasionnés par l'agriculture, telle qu'elle est pratiquée.

Heureusement, des pionniers existent qui ont su travailler dans l'inclusion et non pas dans l'exclusion.

D'après ce que je comprends et qui peut se vérifier facilement, le système des monocultures intensives n'est pas un système durable et doit être remplacé par des méthodes qui respectent l'équilibre bactériologique des sols et permettent à la couche arable, gravement amincie, de se régénérer, partout où cela est encore possible.

Lierre Keith expose un système qui intègre des plantes pérennes et des animaux dans la production de nos aliments. Elle fait notamment référence à un fermier de Virginie, très anticonformiste, Joel Salatin qui sur sa Polyface Farm produit des aliments (vendus exclusivement localement), qui respectent les équilibres des sols, des plantes qui poussent sur ces sols et des animaux qui s'en nourrissent, afin que chaque espèce mange la nourriture qui lui est le plus appropriée et que les déchets ne soient pas une charge pour les sols mais l'occasion de se régénérer.

Il y a visiblement différentes solutions qui méritent notre attention et notre soutien. Mentionnons également:

  • Le magnifique travail de cet agriculteur-philosophe-humaniste qu'est Pierre Rabhi. Celui-ci a écrit plusieurs livres passionnants et a contribué à produire le très beau film de Coline Serreau: «Solutions locales pour un désordre global» qui parle avec grande intelligence et sensibilité des dérives dangereuses de l'agriculture et de l'élevage intensifs et propose des solutions faites de bon sens et de sagesse
  • Le travail sur les permacultures qui semble assez proche dans sa philosophie de celle de Joel Salatin

Des solutions existent donc. Est-ce qu'elles suffiront à nourrir 7 et bientôt 9 milliards d'habitants, c'est une vraie question. Mais l'illusion de solution actuelle avec son recours massif au pétrole pour produire des engrais et pour travailler la terre nous mène à une catastrophe planétaire. Et les OGM qui permettent aux grands acteurs de l'agro business de s'approprier le vivant et de mettre les agriculteurs en quasi esclavage, achèveront de détruire la Vie sur cette magnifique Planète.

12/09/2011

Agriculture: la plus grande conquête de l'Humanité ? (5)

Je continue dans ce billet à présenter les limites, en termes de santé, d'une alimentation végétalienne. C'est déjà le cinquième billet sur ce thème et je ne pensais pas écrire autant en m'attaquant à ce sujet.

Peu de plantes contiennent du tryptophane, qui est un précurseur de la sérotonine (neurotransmetteur). Or tous nos neurotransmetteurs, qui règlent tant de fonctions capitales, sont produits à partir des acides aminés (il y en a 20 de connus). Certains de ces acides aminés peuvent être produits, au besoin, par notre organisme, d'autres non. Ceux-là doivent être trouvés dans notre alimentation. Les 8 acides aminés concernés sont dits, à cause de cela, «essentiels». Et certains acides aminés essentiels ne se trouvent presque que dans la viande et les oeufs. Certes, il y en a dans la banane (ou les tomates) par exemple, mais les quantités sont si faibles qu'il faudrait en manger un régime entier pour que nos besoins soient satisfaits. A noter toutefois, que même les animaux nourris au grain dans des usines à produire de la viande, produisent des aliments carencés en tryptophane.

Les végétaliens sont au moins doublement à risque de manquer de sérotonine: premièrement à cause d'une alimentation carencée en précurseurs de la sérotonine et deuxièmement à cause d'un déficit en vitamine B12. Cette vitamine ne se trouve que dans les produits d'origine animale et est indispensable (avec la B9) au cycle de la méthylation de la méthionine en homocystéine puis en différents neuromédiateurs dont la sérotonine. Ce manque pourra conduire à des états dépressifs, à des troubles plus ou moins graves du sommeil, à des accès de colère ou de panique et à des troubles de l'alimentation.

En effet, il semble que les désordres alimentaires (anorexie, boulimie) soient aggravés par un faible taux de sérotonine, surtout lorsque ajouté à un apport insuffisant en zinc (vient en grande partie de la viande rouge et du jaune d'œuf) et en niacine (vit. B3 qui se trouve surtout dans les produits d'origine animale). C'est une sorte de cercle vicieux qui peut démarrer très tôt dans la mise en place de régimes et/ou d'une alimentation végétalienne. Une alimentation nous privant de sérotonine qui est le neurotransmetteur qui nous apporte le sentiment du bien-être et de l'estime de soi, va faire baisser ces sentiments et entraîner une jeune fille en pleine construction de son identité vers des comportements autodestructeurs.

La vitamine B12, est une vitamine extraordinaire qui a tant de fonctions dans l'organisme que l'on pourrait écrire un livre rien que sur elle. S'en priver, en refusant les produits d'origine animale, a des conséquences tragiques. Comme déjà évoqué elle est indispensable à la production des neurotransmetteurs, indispensable à la fertilité, INDISPENSABLE à un bon métabolisme des acides gras, afin que ceux-ci soient harmonieusement transformés en prostaglandines. Dans le cas contraire, c'est la porte ouverte aux phénomènes d'allergie (déséquilibre des prostaglandines du groupe 1), aux maladies inflammatoires (déséquilibre des prostaglandines du groupe 2), aux maladies cardiovasculaires et dégénératives (prostaglandines du groupe 3).

J'ai déjà évoqué dans le quatrième billet le danger d'une surexposition aux glucides dans une alimentation végétalienne. Pour clarifier un peu plus les choses, cette surexposition va faire travailler notre pancréas et on va rapidement entrer dans un cycle pervers de résistance à l'insuline. Cette résistance entraînera une plus grande production d'insuline. Le sucre dans notre sang va faire le yoyo entre un excès et un déficit. Ce yoyo mène à ce que l'on appelle l'hypoglycémie (une insuffisance de sucre suite à une trop grande production d'insuline par le pancréas). Les symptômes de l'hypoglycémie sont des désordres alimentaires, des fringales impérieuses surtout pour des produits à haute teneur en glucides, de l'irritabilité, des «coups de pompe» durant la journée, des changements brusques de l'humeur, des difficultés à se concentrer, à dormir, de l'anxiété, de la tristesse et de la dépression sans raisons objectives, des tremblements, des vertiges, des palpitations, de la confusion mentale.

Et puis il y a encore le cas du glutathion qui est le principal antioxydant de nos cellules. C'est un tri-peptide (petite protéine formée de 3 acides aminés) soufré. Or les acides aminés soufrés (méthionine, cystéine) ne se trouvent que dans les produits d'origine animale. Se passer de ceux-là, c'est courir le risque de se priver de ce fantastique protecteur de nos cellules.

Notre organisme est une formidable et immensément complexe machinerie cellulaire (entre autres merveilles et mystères). Ces milliards de mécanismes qui s'effectuent chaque seconde dans nos cellules, nécessitent des «matières premières» qui proviennent essentiellement de notre alimentation. Se priver, pour des raisons idéologiques, d'éléments indispensables comme certains acides gras saturés, comme les acides aminés essentiels, comme la vitamine B12, comme une quantité suffisante de protéines, empêche un fonctionnement optimal de notre organisme et conduit à toutes sortes de manifestations désagréables, sur les plans physiques et psychiques, comme les sautes d'humeur, une extrême rigidité mentale, de l'agressivité, l'impression d'être sur une corde raide et qu'un mot peut nous faire basculer vers le négatif.

Je crains de devoir consacrer un 6ème billet aux solutions proposées par Lierre Keith, dans le domaine de la production de nos aliments.

11/09/2011

Agriculture: la plus grande conquête de l'Humanité ? (4)

En n'oubliant jamais que nous sommes tous différents et que les mêmes causes, lorsque l'on parle de la santé humaine, ne créent pas toujours les mêmes conséquences, et en n'oubliant pas non plus que nombres de thèses sont sujettes à grandes polémiques, car dans le domaine de la santé comme partout ailleurs, difficile de réconcilier des adversaires qui se déchirent souvent âprement, je souhaite soulever quelques questions préoccupantes concernant notre santé, abordées par Lierre Keith et d'autres auteurs cités dans son livre.

  • Céréales: comme déjà évoqué dans le précédant billet, chaque fois que l'on diminue le pourcentage d'apports d'un groupe d'aliments, on augmente proportionnellement l'apport d'un autre groupe d'aliments. Dans le cas qui nous occupe, la suppression des produits d'origine animale force à augmenter massivement la consommation de céréales (et de pommes de terre). Ce qui n'est pas sans conséquences:
  • Premièrement, le bilan écologique de ces millions d'hectares de mono cultures de céréales est catastrophique en termes de pollution, d'assèchement des fleuves et de disparition de la bio diversité
  • Deuxièmement, les céréales, sans rentrer dans tous les détails techniques compliqués, contiennent des composants (phytates, gluten, lectines) qui provoquent des réactions négatives de notre appareil digestif: les phytates tendent à se lier aux minéraux, aux vitamines et aux enzymes, les rendant inutilisables par le corps, le gluten est connu pour causer des réactions d'hypersensibilité retardée de la part de notre système immunitaire et favoriser le développement de maladies auto-immunes et les lectines sont volontiers associées au développement de la porosité intestinale, c'est-à-dire à une diminution de notre protection digestive contre des éléments potentiellement hostiles se trouvant dans nos intestins
  • Troisièmement, les céréales contiennent énormément de glucides, environ 70-80%, sous forme d'amidon. La teneur élevée d'un régime végéta(r/l)ien en céréales et en pommes de terre pose toute la problématique de notre rapport au sucre. Même si les glucides des céréales non raffinées sont considérés comme des sucres lents, un régime à haute teneur en céréales et en pommes de terre aura tendance à surcharger notre organisme de sucres et fatiguera notre pancréas chargé de faire baisser le niveau de celui-ci dans le sang. Un usage immodéré des aliments contenant des (ou se transformant en) glucides favorisera, parallèlement, le développement d'une résistance à l'insuline de nos cellules, conduisant, dans le pire des cas, au diabète
  • Quatrièmement, les céréales sont réputées pour contenir des substances qui se comportent dans notre organisme comme des substances opiacées ce qui peut sérieusement affecter la chimie de notre cerveau et mener à des maladies dites psychiques (on parle d'autisme, d'hyperactivité, d'agressivité, etc..) 
  • Et enfin on constate un développement de mauvaises bactéries: un régime contenant une grande quantité de céréales est associé au développement d'une flore microbienne intestinale pathogène, notamment des levures (le candida albicans adore le lait et ... le sucre)
  • L'autre aliment vedette qui remplace la viande est incontestablement le soja, paré de toutes les vertus. En Chine, il n'était pas destiné à l'alimentation humaine mais servait à la rotation des cultures car il a la capacité de fixer certains éléments (l'azote) dans le sol. Or le soja est beaucoup plus controversé qu'il n'y paraît au premier abord et les accusations sont graves. Voyez plutôt:
  • Le soja, comme les céréales, contient beaucoup de phytates
  • Il est accusé de causer des dommages parfois irréversibles à la thyroïde (dans le sens d'une hypothyroïdie), chez les adultes et spécialement chez les enfants (!) qui seraient nourris au lait de soja et cela provient de sa concentration élevée en phyto-estrogènes qui inhibent la biosynthèse de l'hormone thyroïdienne. De toute façon il n'est jamais bon de «jouer» avec des éléments qui miment nos propres hormones, car même à faibles quantités, les hormones donnent des signaux à nos organes, dans un sens ou dans un autre
  • Ces mêmes phyto-estrogènes dans le soja sont reconnues pour affecter notre vie reproductive. D'un côté elles sont accusées de modifier le milieu utérin et l'équilibre acido-basique du col de l'utérus. D'un autre, d'être capables de favoriser l'hyperplasie de l'endomètre. Et il existe un débat, honnête ou non, pour savoir si les phyto-estrogènes protègent les femmes ou au contraire contribuent à l'augmentation du risque de cancer du sein. A noter que le soja affecte aussi la capacité des hommes (mâles) à se reproduire
  • Il abaisse la testostérone et la libido or la testostérone sert à la croissance, à la réparation, à la formation des globules rouges. Au système immunitaire et au désir sexuel
  • Il est accusé de causer des dommages au cerveau et de favoriser des pertes de mémoire, voire la maladie d'Alzheimer. Il semble que là aussi ce sont les phyto-estrogènes qui soient à blâmer en réduisant la création de nouvelles cellules nerveuses et en augmentant la destruction de cellules nerveuses (n'oublions pas que les estrogènes ont un rôle dans la fonction de reproduction, mais aussi sur le développement d'organes comme le cerveau ou le système cardio-vasculaire)
  • Il altère le développement des nourrissons lorsque ceux-ci sont nourris au lait de soja en remplacement du lait de vache (qui provoque également de sérieux problèmes). Nourrir un nourrisson au lait de soja c'est lui faire ingurgiter, chaque jour, autant d'estrogènes que dans 3-5 pilules contraceptives (!), et comme, on l'a déjà vu, elles agissent sur le développement de nombreux organes comme le cerveau et le système cardio-vasculaire, on comprend immédiatement le risque. Il semble que l'Office fédéral de la santé ait émis une mise en garde par rapport à l'alimentation des nourrissons exclusivement au lait de soja: «l'alimentation des nourrissons au lait de soja ne doit être utilisée que s'il y a une raison médicale claire et jamais pour des raisons écologiques ou idéologiques, comme le végétalisme»

Dans un prochain billet je continuerai avec d'autres questions préoccupantes concernant la santé, comme le manque de vitamine B12 et la baisse du glutathion

05/09/2011

Agriculture: la plus grande conquête de l'Humanité ? (3)

L'agriculture a certes permis à l'Humanité de planifier ses récoltes et donc son alimentation, mais cela a un coût (social, environnemental et sur la santé):

  • Depuis les débuts de l'agriculture, les surfaces de terres arables rendues peut-être définitivement stériles ou carrément transformées en déserts, ne se comptent plus. Cela s'explique par le fait que transformer des terres où régnait une polyculture naturelle avec des échanges de bons procédés entre le règne végétal et le règne animal, par des monocultures intensives de plantes gourmandes en eau comme le blé, le maïs, le riz ou le soja est évidemment un bouleversement majeur de la qualité du sol. Cela était déjà vrai à l'époque des romains. C'est encore plus vrai aujourd'hui avec l'usage des intrants chimiques,
  • Irriguer massivement ces cultures a tendance à saliniser les terres (même l'eau douce contient une certaine quantité de sel(s)), ce qui accélère la désertification
  • Pour faire de la place aux cultures on a abattu des surfaces colossales de forêts (et cela continue encore aujourd'hui, en Amazonie par exemple) sur tous les continents
  • On a également asséché des surfaces importantes de zones humides. Les 2 biotopes étaient des milieux d'une richesse biologique qui ne sont pratiquement plus que des souvenirs
  • On cultive à peu près n'importe où, sans se préoccuper si l'endroit convient. Au fond, l'agriculture, si elle voulait avoir un éco bilan neutre, ne devrait se pratiquer que là où les conditions le permettent (qualité des sols, hygrométrie, températures, pluviométrie, etc...). Ce n'est absolument pas le cas et l'homme a causé des dégâts irréversibles pour pouvoir cultiver n'importe quoi, n'importe où. Pensons à l'assèchement de la mer d'Aral à cause du détournement de 2 fleuves, pour cultiver du coton. Pensons aux grandes plaines américaines qui sont devenues le grenier du monde alors que les [... étés y sont beaucoup trop chauds, les tempêtes beaucoup trop fréquentes et les pluies trop irrégulières]. Ceci est compensé, ici comme ailleurs, en asséchant des fleuves et en puisant dans des réserves d'eau fossile qui seront définitivement perdues.

L'être humain vit des 3 principaux groupes de nutriments que sont les lipides, les glucides et les protéines. Lorsque l'on diminue une source de nutriments comme le font les végétaliens on est obligé de compenser en augmentant les apports d'un autre groupe, typiquement les céréales. Outre que les céréales ne sont pas dénuées d'effets parfois néfastes sur la santé individuelle (on le verra dans un autre billet), les végétaliens oublient ou omettent de se confronter au fait que si la production de viande est, sous certaines conditions, désastreuse pour l'environnement, la production massive de céréales pose des problèmes au moins aussi importants. Chaque terre transformée en désert depuis les débuts de l'agriculture, est une perte sèche en termes de biodiversité et signe la mort de milliers d'espèces vivantes, depuis les micro-organismes vivants dans les sols jusqu'aux animaux qui vivaient dans les forêts primaires.

Un autre facteur déterminant qui n'est jamais abordé est le fait que les plantes ne poussent pas par miracle. Elles ont besoin de trouver leurs nutriments dans le sol. Et pour cela, il n'y a pas 30'000 solutions. Ou bien on établit un vrai cycle où les animaux jouent un rôle essentiel pour nourrir les sols et favoriser leur vie microbienne, ou bien on apporte des engrais organiques sous forme d'os et de sang d'animaux ou bien on recourt aux engrais chimiques. Comme les 2 premières solutions sont inacceptables pour les végétaliens, il ne reste presque que la troisième solution. Or les engrais chimiques sont doublement faits à partir de pétrole dont les réserves ne sont pas éternelles. La découverte et l'utilisation massive desdits engrais, cela s'est appelé la révolution verte et cela a été un grand désastre écologique. Il est connu que l'épaisseur de la couche arable, à cause des intrants chimiques à la place des excréments d'animaux et d'un labourage beaucoup trop profond, diminue chaque année.

C'est vrai qu'il existe l'agriculture biologique, mais elle n'est pas exempte de problèmes. Cette agriculture repose sur un cahier des charges qui fixe une obligation de moyens à mettre en œuvre, mais qui ne fixe pas une obligation de résultats. Le recours parfois massif à des engrais d'origine végétale a tendance à favoriser le développement de moisissures dans le sol, ce qui se répercute sur les cultures. L'emploi d'huiles essentielles pour essayer de venir à bout de ces micro-organismes n'est pas forcément une garantie de qualité pour le consommateur final, même si cela fait moins peur que les produits chimiques utilisés dans l'agriculture intensive.

Mais dans un monde idéal, seule une terre en bonne santé peut donner des plantes en bonne santé et les animaux qui vivront dessus le seront également. Les humains, au bout de la chaîne seront alors eux aussi en bonne santé. A l'inverse, comment peut-on imaginer être en bonne santé si nous mangeons des plantes et des animaux malades ayant grandi sur des terres malades ?

L'absurdité dans l'agriculture et dans l'élevage est que nous avons tout compartimenté. Les cultures d'un côté, les animaux de l'autre, dans des camps de concentration. Ce qui rompt totalement les échanges entre les animaux et les plantes et mène à tous les déséquilibres: d'un côté il faut des engrais chimiques pour nourrir les plantes et de l'autre, les déjections animales concentrées dans des espaces restreints, provoquent une pollution épouvantable, ce qui ne serait pas le cas si les cultures et l'élevage étaient mieux intégrés, l'un nourrissant l'autre. En fait, c'est justement à cause des engrais chimiques que les animaux sont devenus inutiles sur les propriétés agricoles. Et pourtant les engrais chimiques sont un leurre, car ils ont transformé l'énergie fossile du pétrole en calories alimentaires. Nous vivons dans une grande illusion, celle d'un approvisionnement constant et éternel, alors que ce n'est pas le cas. Loin s'en faut. Qu'adviendra-t-il de notre approvisionnement alimentaire lorsque les réserves de pétrole seront épuisées ou même proches de l'épuisement et que nos terres agricoles seront biologiquement mortes ?

L'élevage est problématique car pour améliorer les rendements, on a modifié l'alimentation des bovins. Ce sont fondamentalement des ruminants, avec un appareil digestif fait pour digérer la cellulose (qu'ils trouvent dans les pâturages). Les 4 estomacs de ces animaux contiennent les bactéries nécessaires à cette dégradation, ce qui n'est pas notre cas par exemple. Or, pour augmenter la production de lait (production multipliée par 10 en 50 ans), on donne du maïs et des tourteaux de soja (quand ce n'est pas des farines animales) à ces bêtes, d'où les 70% de terres agricoles nécessaires à les nourrir. Etant des ruminants, elles n'ont absolument pas l'appareil digestif pour digérer du maïs ou du soja, ni les bactéries et enzymes digestifs appropriées, ce qui les rend malades. D'où grande production de méthane, un gaz qui ne se forme que lorsque l'appareil digestif est peuplé de bactéries pathogènes. Il est donc critique de revenir aux pâturages pour l'élevage des ruminants (c'est assez rassurant de voir encore des troupeaux de vaches dans les alpages suisses durant la belle saison).

La vraie question

Le vrai débat n'est donc pas de savoir s'il faut manger ou non des produits d'origine animale. Refuser d'intégrer les animaux dans la production d'aliments est une mauvaise réponse à une bonne question. Les animaux, depuis les plus petits animalcules jusqu'aux bovins, sont indispensables à la bonne santé naturelle des sols.

Le véritable et seul enjeu est de savoir comment créer un environnement favorable et durable à la production responsable d'aliments qui assurent le meilleur équilibre pour tous, pour les sols, pour les nappes phréatiques, les rivières et les fleuves, pour les plantes, pour les animaux et pour l'homme. Et pas de continuer de produire des aliments qui apportent seulement de confortables bénéfices économiques à la filière de l'agro business (par l'entremise des généreuses subventions payées avec nos impôts, subventions dont ces entreprises connaissent tous les rouages législatifs et les meilleures façons de les récolter légalement), mettent les agriculteurs en quasi esclavage (et c'est encore pire avec les OGM) et détruisent l'environnement.

Dans le prochain billet, j'essayerai d'exposer quelques solutions telles qu'exposées par Lierre Keith et les conséquences parfois préoccupantes d'une alimentation sans produits d'origine animale sur la santé individuelle, même si ces sujets sont extrêmement controversés.

01/09/2011

Agriculture: la plus grande conquête de l'Humanité ? (2)

Au-delà de mon expérience personnelle avec la philosophie végétalienne, je viens de lire un livre absolument fascinant sur ce sujet, de la part d'une ancienne végétalienne «repentie». La lecture de ce livre m'a permis de comprendre ce que je n'avais pas compris en temps et en heure. Mais précisons tout de suite qu'il n'y a pas de solution simple à un problème complexe.

Dans son livre, «The Vegetarian Myth», pas encore traduit en français me semble-t-il, l'auteure, Lierre Keith, expose très sincèrement son parcours: quels étaient les tourments sincères qui assaillaient son âme et pourquoi elle est devenue végétalienne. Elle explique aussi comment et pourquoi ses yeux se sont douloureusement ouverts, suite à une dégradation constante de son état de santé, sur une autre réalité. Et il n'y a personne de plus qualifié pour dénoncer un fondamentalisme qu'un(e) ancien(ne) fondamentaliste.

Quelques données fondamentales

Une des données fondamentales à la base du végétalisme est qu'il faut x (5-16 selon les variétés) protéines végétales pour produire une protéine animale. Une deuxième est la quantité d'eau qu'il faut pour produire un kilo de viande, de bœuf par exemple. On parle de plusieurs milliers de litres d'eau dans un monde où l'eau potable est de plus en plus rare. Troisièmement, il faut citer un fait tout à fait reconnu par la Food and Agriculture Organization (FAO) des Nations Unies qui est que 70% des terres agricoles servent à l'alimentation du bétail. Ce qui est, à l'évidence, un immense gaspillage.

Et je ne développerai pas la querelle sur la configuration de notre appareil digestif car chacun prêche pour sa chapelle (notre appareil digestif va, selon les uns ou les autres, du parfait frugivore à l'omnivore). Je laisse cette querelle aux experts.

Une donnée systématiquement avancée par les végétaliens est, qu'avec la même surface de terre agricole, on peut nourrir plus d'êtres humains se nourrissant sans produits d'origine animale, qu'avec. Les chiffres avancés sont que, sur une surface de 4 hectares par exemple, on pourrait nourrir 60 personnes si l'on y cultivait du soja, 24 si l'on y cultivait du blé et seulement 2 si l'on y élevait du bétail.

Bigre ! Cela paraît effectivement incontournable et toute personne de bonne volonté, après avoir lu ces chiffres, ne peut que franchir le pas en changeant son alimentation.

Et pourtant il y a un problème. C'est toujours la même chose avec les statistiques. On peut leur faire dire ce que l'on veut et c'est une vision à travers un tout petit bout de la lorgnette.

Quelques causes de l'explosion de la population mondiale

C'est une donnée fondamentale pour situer les problèmes rencontrés à l'heure actuelle. L'Humanité a connu des moments clés :

  • Le développement de l'agriculture (il y a 10'000 ans) qui a sédentarisé les populations en est un, absolument déterminant. Jusque-là, la majorité des populations humaines était composée de chasseurs-cueilleurs qui se déplaçaient en fonction des saisons et de l'abondance ou de la raréfaction du gibier. Soudain, l'agriculture a permis de planifier les sources d'alimentation ce qui a permis une explosion de la population mondiale
  • Un deuxième moment clé est l'invention du moteur à explosion. Ceci a permis à l'humanité de mécaniser un nombre infini de tâches, y compris l'agriculture
  • Un troisième moment est la première guerre mondiale. Pour remplacer les agriculteurs européens largement engagés dans cette guerre en tant que soldats, les Etats-Unis se sont engagés massivement dans une agriculture intensive et subventionnée (subventions qui existent encore aujourd'hui comme chacun sait et qui sont la cause de déséquilibres absurdes entre paysans du Nord et du Sud)
  • La découverte des engrais azotés qui est venue de la nécessité de recycler d'immenses quantités de produits chimiques qui avaient servi pendant les 2 guerres mondiales pour fabriquer des bombes et le fameux gaz moutarde
  • La découverte de la pénicilline, à peu près à la même période (en 1928 par Flemming, mais vraiment utilisée en thérapie seulement vers la fin de la seconde guerre mondiale)

Ce sont 5 événements, parmi beaucoup d'autres, qui ont permis à l'Humanité d'atteindre le chiffre phénoménal de 7 milliards d'habitants (bientôt 9). Un chiffre à peu près insoutenable pour cette somme toute petite planète aux ressources très limitées, et ce fait sera le plus grand défi que nous aurons à affronter dans les années à venir. La crise de la dette risque, en comparaison, de ressembler à une aimable promenade de santé.

Dans le prochain billet, nous essayerons d'y voir un tout petit peu plus clair dans un domaine d'une complexité folle.