26/09/2011

Qui sont les vrais dangers pour la sécurité à Genève

Intéressant article aujourd'hui, dans la TDG, sur ces courageux citoyens qui tentent, au prix de leur propre sécurité (voir l'article listant toutes les intimidations subies), de sauvegarder ce qui reste de la (bonne) réputation de Genève, en empêchant, autant que faire se peut, les joueurs de bonneteau de sévir.

Nous savons tous que ce «manège» ridicule et inacceptable dure depuis de trop nombreuses années et que nos «autorités» (je mets toujours ce mot d' «autorité» entre guillemets, car en Suisse, ce mot est vraiment tellement galvaudé que je ne peux l'utiliser sans rire).

Je trouve extrêmement triste et inquiétant que de braves gens se voient obligés de faire ce que l'Etat est incapable de faire. Et je félicite ces honnêtes citoyens de s'engager, avec leur courage comme seule arme, contre ces bandits des rues et en faveur d'une certaine image qu'ils se font de leur ville.

Où l'article me fait bondir, c'est lorsque je lis les conclusions de M. Laurent Paoliello, responsable de la communication pour la conseillère d'Etat responsable de la Police, Mme Isabel Rochat: «[...] D'un sentiment d'insécurité, cette milice crée une véritable insécurité et la renforce.»

Formidable, magnifique ! Maintenant nous savons enfin qui crée l'insécurité à Genève. Peut-être ont-ils trouvé cette inspiration à New-York !

Vraiment, avec des commentaires aussi inspirés et une telle attitude de la part des responsables de la sécurité, Genève n'est pas au bout de ses peines. Les joueurs de bonneteau, les dealers, les malfrats, le petit et le grand banditisme ont encore de beaux jours devant eux. Et nous, honnêtes citoyens, payons tous le prix de l'impéritie de nos «autorités». Avant que ce soit la ville de Genève, dans sa globalité.

Alors qui sont les vrais dangers pour la sécurité à Genève ? L'article y répond magistralement. Par l'absurde. La situation de déliquescence créée par nos «autorités» montre où se trouvent les vrais responsables.

Et merveille de la démocratie, on apprend un peu plus loin, par la bouche du même M. Paoliello que : «Nous souhaitons procéder à une modification du règlement d'application pour permettre aux agents de la police municipale d'intervenir contre les bonneteurs». L'initiative doit être validée par le Conseil d'Etat.

Voilà la réalité, d'un côté nous avons nos démocraties qui, pour chaque problème, même brûlant, doivent passer par tous les méandres des voies législatives: des mois et des mois pour interdire la mendicité, combien d'années faudra-t-il pour réaménager le Code pénal pour qu'il retrouve un caractère plus dissuasif (et là, cela se complique car il faut passer par Berne), etc.. De l'autre, des petites frappes, mobiles, déterminées, ayant un mépris abyssal pour nos coutumes et nos institutions, qui se partagent un nouveau marché du crime en 2-3 coups de téléphone portable ou en 2-3 coups de couteau.

C'est un drame dont je ne vois pas l'issue car nos Sociétés n'ont jamais trouvé une voie entre la démocratie veule et la dictature la plus abjecte.

Commentaires

"Si l'on veut, on peut" paraît-il. C'est en tout cas le sentiment qu'ont notamment les automobilistes qui dépassent le temps de stationnement, les citoyens et les entreprises aux poursuites, les locataires en retard avec le paiement de leur loyer ... Point n'est besoin de mobiliser le Conseil d'Etat pour les prendre à la gorge, et nul n'affirme que l'Etat, les régies ou qui que ce soit souffre simplement d'un "sentiment" quelconque.

Écrit par : Mère-Grand | 27/09/2011

Bonjour,

Je comprends et partage votre "coup de gueule" ...

Toutefois, l'Etat de droit doit être respecté et il n'appartient pas aux citoyens de faire le ménage eux-mêmes, quand bien même ce même Etat de droit serait défaillant. Or force est de constater qu'il l'est en l'occurence, lorsque l'ordre légal ne peut plus être appliqué, faute de moyens et non pas faute de volonté politique. Du moins j'ose l'espérer ...

Alors que faire ? Nous sommes en démocratie et c'est devant les urnes que nous devons exprimer clairement nos choix et les assumer en donnant les moyens financiers au budget de la sécurité publique, mais surtout en exigeant de nos élus qu'ils agissent conformément aux préoccupations de la population.

La modification du Code pénal relève de la responsabilité des autorités fédérales et les élections fédérales se dérouleront le 23 octobre prochain, nous avons donc l'opportunité d'interroger les candidats genevois sur leurs intentions à cet égard et de voter pour celles et ceux qui prendront clairement position sur un renforcement dudit Code pénal.

Quant à la détention administrative, les bases légales existent (18 mois au maximum conformémént aux accords de Schengen/Dublin), celle-ci est cependant peu ou pas suffisamment appliquée à Genève. On souhaiterait en connaître les raisons !

Rappelons que la détention administrative peut être appliquée aux délinquants multirécidivistes, ceux qui nous empoisonnent la vie à Genève, ceux qui sont arrêtés et relâchés le lendemain mais qui ne peuvent être expulsés de Suisse, faute d'accords avec les pays dont ils sont originaires. Et si des accords existent, ils ne peuvent être appliqués pour des raisons "techniques".
Par le biais de la détention administrative on peut agir sur l'attractivité que la Suisse exerce sur ces délinquants. En clair, il faut les dégoûter de la Suisse !

Agissons démocratiquement, mais fermement, toutefois sans retour au "goudron et aux plumes" !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 27/09/2011

ne vous attachez pas trop à essayer d'analyser les mensonges du porte-mensonge de Mme Rochat
il a tellement circulé d'une entreprise à l'autre que qu'on ne peut absolument pas croire un mot de ce qu'il raconte
il faut dire que là il fait fort le sentiment d'insécurité renforcé par ceux qui luttent contre l'insécurité il fallait le faire
en raccourci: plus il y a de gendarmes plus l'insécurité augmente !!
il doit être fatigué le Laurent

Écrit par : pralong | 27/09/2011

Entièrement d'accord avec les intervenants.

@Mère-Grand: oui, la Loi est dure pour les petits et douce pour les puissants comme on l'a vu avec la parodie de justice dans les cas de la Swissair et de la BCGE. Quant à notre faiblesse face à la criminalité importée, il y a beaucoup à dire.

@Jean d'Hôtaux: bien sûr, je suis parfaitement d'accord avec vous, il faut rester dans le cadre légal.

Cette criminalité multiforme est une sorte de guerre larvée contre nos pays démocratiques. Pour relever le défi de cette déclaration de guerre, nos démocraties doivent faire preuve:
- de courage, une qualité qui manque à beaucoup de nos politiciens si anxieux d'être réélus
- de détermination car on ne mène pas une guerre par intermittence au travers de 2-3 opérations "coup de poing" mais par un plan concerté, coordonné, dans la durée, expliqué à la population et avec l'adhésion de toutes les forces démocratiques dans une sorte d'union nationale
- d'engagement financier car une guerre coûte cher et on ne peut à la fois prétendre lutter contre le crime et faire des économies tous azimuts. Cette politique de réduction des moyens financiers attribués au fonctionnement de nos Etats au profit des entreprises, véritables états dans l'état, et des ultras riches est une folie suicidaire dont on paye le prix tous les jours (et pas seulement au plan de l’insécurité)
- de conscience car on ne peut mener une véritable guerre contre le crime sans conscience, au risque de retomber dans la barbarie

Écrit par : Gérard Meyer | 27/09/2011

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