30/08/2011

La Suisse n'est plus un havre de sécurité

C'est ce qu'a souligné le professeur Martin Killias aujourd'hui devant les médias à Berne. Il présentait les résultats d'une étude qu'il a dirigée au sein de l'Institut de criminologie de l'Université de Zurich et qui était mandatée par la Conférence des commandants des polices cantonales (CCPCS).

C'est même un des cancres de l'Europe. Et ce soir, durant l'émission Forum sur la RSR, le Professeur Killias a encore précisé : «Le sentiment d'insécurité de la population correspond à la réalité».

ENFIN ! Tous ceux qui, depuis des années,  dénoncent la montée de la violence et de l'insécurité ne sont ni des fous, ni des malades, ni des fascistes, ce sont simplement des personnes qui ont une conscience claire des soubresauts qui agitent nos Sociétés et notre pays en particulier. Sans langue de bois.

Puissent les tenants de l'angélisme forcené, comme par exemple beaucoup trop de socialistes et  la totalité des verts,  ouvrir enfin les yeux.

Si cette étude pouvait être le révélateur permettant d'avoir enfin un débat lucide, réaliste et constructif sur l'insécurité dans ce pays, alors il pourrait être possible d'enfin inverser la tendance, en réformant notamment d'urgence le nouveau code pénal surréaliste qui est un mélange d'angélisme, de lâcheté et de pingrerie.

L'angélisme et la lâcheté on comprend fort bien ce que cela veut dire. La pingrerie, elle, vient de ce que nos partis politiques ne veulent pas investir l'argent nécessaire à construire des places de prison en quantité suffisante.  C'est vrai qu'il vaut mieux relâcher ces braves gens avec une «peine» symbolique, avec sursis de surcroit. Effectivement, 10 francs d'amende avec sursis est une peine qui va à coup sûr dissuader un loubard lyonnais de venir faire un mauvais coup à Genève.

Quant au fait que ce sont les moins de 26 ans les plus à risque de subir de la violence et des menaces, cela prouve le malaise qui règne dans une certaine jeunesse en perte de modèles (ou des modèles plus que frelatés) et où l'alcool (et autres substances) coule trop souvent à flots. Entre parenthèses, cela rejoint la violence qui entoure les manifestations sportives dans notre pays. Qu'un vulgaire match de football ou de hockey sur glace entre des villes qui, certes aiment depuis longtemps entretenir une petite rivalité de clocher, tourne quasiment à l'émeute avec des scènes de plus en plus violentes et plus dignes de la haine qui sépare certaines communautés étrangères (ex: Balkans) que de nos rivalités bon enfant, est un développement extrêmement préoccupant et qui pourrait rapidement être hors contrôle si rien n'est entrepris.

Alors espérons qu'il n'est pas trop tard. Mais, quoi qu'il en soit, nous aurons perdu un temps précieux.

Commentaires

Je viens de lire cet article qui dénonce enfin le ressenti d'une grande partie d'entre nous.

Un pays moins sûr, devient avec le temps un pays que l'on commence à éviter, puis un pays non attractif...

Effectivement, la Suisse n'est plus aussi sure, la violence, les cambriolages, des dégradations sur nos voitures, se devenues récurrentes, qui ne connait pas dans son entourage qui a connu un problème de violence urbaine ou pire de violence physique.

Les inégalités se sont creusées ces dernières années, où le pouvoir d'achat a surtout profité aux très riches, ramenant la classe moyenne dans une moyenne à peine plus haute que les pays frontaliers puissants environnants, alors même que les prélèvements sont de plus en plus lourds (piliers, écoles...).

Ces frustrations sont à l'origine d'une montée d'un mauvais climat ambiant, tant avec les étrangers frontaliers qu'entre suisses ; et il est faux de parler du cliché lyonnais ou français, car c'est bien le contraire que l'on observe lorsque l'on est dans la rue.

Objectivement, regarder les jeunes, regardes les voitures, ce sont des suisses, ces jeunes Suisses qui s'opposent aux frontaliers ou qui s'opposent entre eux lors de manifestations en tout genre.

Les grandes villes françaises ou allemandes ne sont pas moins sures que Genève: ouvrons les yeux, et soyons plus fermes dans notre code pénal devenu trop laxiste, c'est bien là le problème, notre système vieillit et nécessite des adaptation à des mentalités en pleine évolution. Malgré les procédures en cours (nombreuses d'ailleurs !), notre système ne condamne que trop peu

Les inégalités de revenus ou matérielles ont tendance sociologiquement a renforcé la montée de la violence, or la Suisse a connu une embellie forte ces dernières années avec la crise de 2008 et plus récemment de 2011. Pour calmer les ardeurs de certains, des mesures économiques,vont probablement devenir nécessaires pour freiner l'arrivée des très riches ou pour freiner la spéculation, et la stagnations des classes moyennes, si l'on ne veut pas voir partir des populations qui jusqu'alors profitaient à la Suisse.

CAR UN PAYS MOINS SUR EST BEAUCOUP MOINS ATTRACTIF, ATTENTION SUR CE TERRAIN IL FAUT DES ANNES POUR REMONTER LA BARRE, ALORS COMMENCONS MAINTENANT.

Écrit par : Alain Pierrade | 31/08/2011

Pierre-François Unger, le Conseiller d'Etat PDC, est un des "inventeurs" du sentiment d'insécurité des genevois. Il ne cessa de suggérer que le peuple genevois exagérait l'insécurité réelle et que son accroissement n'était somme toute que le fruit de l'imagination du peuple.

Aujourd'hui même le bon professeur Killias est obligé de reconnaître que le niveau de sécurité de la Suisse s'est dégradé. Que l'exception suisse en la matière n'existe plus, ce que le peuple suisse avait donc bien pressenti avant lui; ce qui par ailleurs laisse ouverte d'intéressantes questions épistémologiques sur la manière dont en Suisse se forme la connaissance du réel... ( lol ).

N'en demeure pas moins la question de la responsabilité politique d'une telle dégradation de la sécurité en Suisse. D'une dégradation dont le déni opéré par les autorité politiques n'a fait qu'aggraver les conséquences.

En d'autres termes, Mr Unger ne devrait-il pas démissionner ?

Et son parti le PDC, ainsi que ceux qui professaient le même déni face au peuple ( PLR, PS, VERTS )ne devraient-ils pas être sévèrement sanctionnés lors des prochaines élections ?

Écrit par : 022 | 31/08/2011

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