12/08/2011

Fonds de pension, un double danger

Parmi les mythes véhiculés par la Révolution conservatrice, il y a celui de l'efficacité supérieure du secteur privé sur le secteur public.

Outre qu'il n'est pas forcément extrêmement difficile d'être «efficace» lorsque l'on profite des infrastructures construites à coups de milliards par d'autres (exemple les voies de chemin de fer ou les routes et autoroutes ou les aéroports, etc.. construits par l'Etat justement), que l'on n'a pas une conscience sociale chevillée au corps (voire l'apparition des working poors depuis la dérégulation de l'économie) et que l'on n'hésite pas à aller faire faire tout ou partie de ses activités administratives ou de production en Inde et en Chine, il y a lieu de se poser beaucoup de questions. J'en ai déjà posé beaucoup dans ce blog. Mais aujourd'hui j'aimerais parler d'un autre sujet, celui des Fonds de pension.

En Suisse (mais ce système est également hyper développé aux Etats-Unis par exemple), les Institutions qui sont chargées de faire fructifier notre épargne déposée au titre du deuxième pilier sont entre les mains d'entreprises privées (banques et assurances). Celles-ci sont tenues de payer un taux d'intérêt minimum  en fin d'année (2,5 % à l'heure actuelle). Tout ce qui dépasse ce taux est tout bénéfice pour l'entreprise en question.

Pendant près de 10 années (en gros les 8 années du double mandat de Bill Clinton), Wall Street n'a fait que monter et a permis des plus-values substantielles (10-15 % de profit annuel alors que la Loi fixait le  rendement minimum à 4 %) aux entreprises s'occupant de nos fonds. Je n'ai pas souvenir que lesdites entreprises aient fait le siège du Conseil Fédéral pour se plaindre des plus-values indécentes qu'elles encaissaient sur notre dos. Par contre, au premier vent contraire, en 2001, on les a vues  exiger et obtenir bien entendu (ces entreprises parlent au gouvernement avec un mégaphone hyper puissant alors que nous, simples citoyens, sommes inaudibles), une baisse notable du rendement obligatoire versé aux cotisants (vous et moi). Ceci est une première iniquité notable et une perversion du système.

Dans ce billet, je ne vais pas parler du risque plus que substantiel que ces jeux boursiers font courir à notre épargne qui devrait, en toute logique et salubrité publique, être gérée en «bon père de famille». Non.

J'ai entendu il y a quelques jours que les Fonds de pension représentent environ 30% des acteurs du marché (boursier). Or quel est le but de ces Instituts de placement ? Nous enrichir ? Que nenni. Leur but est de dégager une marge aussi importante que possible entre les rendements qu'elles sont malheureusement (pour elles) obligées de reverser aux cotisants, et les plus-value à inscrire dans leurs Livres.

Et qu'est-ce qui fait à coup sûr grimper les actions d'une entreprise cotée en Bourse ? Oui, la destruction d'emplois.

Nous sommes donc dans un système totalement schizophrène et pervers où ceux qui sont censés défendre nos intérêts de travailleurs (en améliorant le rendement de nos retraites) sont aussi ceux qui, avec notre argent qui plus est, nous plantent un couteau dans le dos, en soutenant et récompensant tout ce qui détruit l'emploi, oui, y compris nos emplois !

Toute cette économie basée sur le profit maximum d'acteurs/prédateurs économiques, où l'Etat a démissionné y compris de son rôle d'arbitre, est gangrénée dans le plus profond de ses viscères car l'être humain n'a pas un niveau de conscience suffisamment élevé pour pouvoir tolérer la concentration d'un pouvoir aussi exorbitant entre les mains de quelques acteurs seulement.

Continuer cette course infernale vers la concentration de richesses, chaque jour plus indécente, entre les mains d'un cercle de plus en plus restreint de personnes (la concentration des richesses et des moyens de production est une dérive inévitable du système capitaliste laissé à lui-même) fait courir un risque mortel à nos Sociétés. Celui de retourner aux rapports de force entre individus dignes du paléolithique ou à une société féodale, avec toutes les convulsions qui en seront les conséquences inévitables.

Quand sortirons-nous de cette fascination pour les thèses de la droite affairiste qui conduit le Monde, par de multiples voies, vers sa propre destruction (et je n'oublie pas la faillite tragique des systèmes communistes) ?

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