02/08/2011

Il nous manque un homme providentiel

Ce soir, j'ai écouté par intermittence le «Téléphone sonne» sur France-Inter, consacré à la crise de la dette. Face à l'accumulation de mauvaises nouvelles et à la gravité de la situation, un des intervenants a conclu en disant (je cite le sens de ses propos) «il nous manque un homme providentiel».

Voilà où nous en sommes: après 30 années de politiques délirantes (j'ai écrit plusieurs billets sur ce thème dans ce blog, voir entre autres "Bientôt l'heure de vérité", "La Grèce préfigure-t-elle ce qui nous arrivera à tous ?"), il nous faut nous en remettre à  l'émergence d'un hypothétique homme providentiel. Nous sommes 7 milliards d'habitants sur cette Terre et il manque UN homme (ou une femme d'ailleurs).

Nous sommes 7 milliards à voir que nous allons dans le mur, mais chacun, muré dans ses certitudes et centré exclusivement sur son nombril continue dans sa logique et ne s'arrêtera, peut-être, qu'une fois DANS le mur. On vient de le voir de façon éclatante avec la crise budgétaire aux Etats-Unis. Le parti républicain qui a trouvé encore plus extrémiste que lui en la personne du Tea Party, a poursuivi dans sa logique d'un refus acharné, mortel, collectivement suicidaire, source de terribles convulsions sociales, de toute hausse d'impôts des plus riches.

Croire que l'on va «régler» cette crise uniquement en diminuant les dépenses est une illusion ou une folie, car cela va entraîner des cascades de conséquences que personne ne peut anticiper véritablement. C'est littéralement jouer aux dés avec l'avenir.

«Il nous manque un homme providentiel».

C'est bien tout le drame de l'Humanité. Périodiquement nous nous mettons dans un pétrin monstrueux par la somme de nos égoïsmes et de notre inconscience collective et la «main invisible» n'est certainement pas la solution pour arbitrer les tensions, les désirs, les égoïsmes des uns et des autres, surtout que l'économie libérale permet à quelques-uns de devenir si puissants que la «main invisible» devient inopérante, n'étant que la main de quelques individus hyper riches et hyper puissants.

«Il nous manque un homme providentiel».

Régulièrement, à toutes les époques, l'Humanité s'est trouvée confrontée à ce choix et celui-ci n'a pas toujours été heureux :

  • Elle a crucifié le Christ
  • Elle a suivi Hitler (et d'innombrables autres dictateurs) jusqu'au bout de sa folie meurtrière

Elle a aussi fait quelques choix moins malheureux avec des êtres animés d'une force de progrès comme  Churchill ou Franklin Delano Roosevelt. Inutile de faire une liste.

Mais je constate que l'Humanité consacre très rapidement, très frivolement et très généreusement, avec une inconscience absolue, des êtres qui ne le méritent pas (des grands sportifs, des people, des chefs d'entreprise qui ne font au fond que du business, des faux prophètes) et les quelques phares de la Conscience qui illuminent les Siècles doivent en général souffrir mille morts et finissent régulièrement en martyrs, leur chair meurtrie par l'indifférence, la haine, la jalousie, les menées hégémoniques ou politiques de leurs contemporains.

Alors à quoi ressemblera notre «sauveur» du début du 21ème siècle ?

Cela donne le vertige de penser qu'encore une fois,  sans doute car elle n'est pas encore devenue adulte, l'Humanité est incapable de trouver son chemin sans devoir s'en remettre à un «homme providentiel». C'est encore la loi du plus fort qui règne dans le bac à sable du préau de l'école. 

Les leçons de l'Histoire n'auront donc servi à rien !

21:21 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : il nous manque un homme providentiel, crise de la dette | |  Facebook

Commentaires

Il est possible que le sauveur soit déjà en place, mais j'ai bien peur qu'il n'y reste pas longtemps. Il a déjà permis à des millions d'Américains d'obtenir une assurance maladie....

Écrit par : NIN.À.MAH | 04/08/2011

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