18/07/2011

Bientôt l'heure de vérité ?

En page 9 de la TDG de ce jour, 3 dépêches d'agences qui montrent l'évolution économique du monde à la sauce ultra-libérale:

  • La Chine, très attractive: au premier semestre 2011, les investissements étrangers en Chine ont été de 60,89 milliards de $, en hausse de 18,4% par rapport à la même période de l'année précédente (ce qui représente > 121 milliards sur une base annuelle et > 1'200 milliards sur 10 ans),
  • La zone euro joue son avenir cette semaine: le sauvetage de la Grèce impératif,
  • Dette américaine: la Maison-Blanche rassure, mais le temps presse.

Voilà, ces 3 dépêches résument de façon frappante et tragique, l'évolution du monde depuis le début de la vague d'ultra-libéralisme qui a commencé (en pratique mais pas en théorie) avec l'arrivée de Ronald Reagan au pouvoir en 1980 aux Etats-Unis et de Margaret Thatcher en 1979 en Angleterre.

Des décennies de désinvestissement en Europe et aux Etats-Unis sous prétexte de guerre idéologique contre les syndicats et tous ceux qui ont eu l'outrecuidance de demander, voire d'exiger, une plus juste redistribution des richesses en Occident, tout cela au profit de pays où des profits monstrueux étaient garantis aux actionnaires et aux investisseurs, touchent peut-être à leur fin (par K.-O. d'un des protagonistes). En attendant ce K.-O., cette dépêche prouve que le transfert d'investissements vers la Chine continue et même, se renforce.

Plus l'économie privée investit en Chine et plus elle renforce ce pays économiquement, politiquement et militairement. Moins elle investit en Occident, et plus elle affaiblit nos Etats sur tous ces plans. C'est un système de vases communicants qui finira très mal et tout cela à cause du monstrueux égoïsme de nos ultras riches.

Concernant l'Europe, on sait que de nombreux pays de la zone euro sont touchés et pas seulement la Grèce, ni même les PI(I)GS. Aux Etats-Unis, il nous est signalé que si un accord n'est pas trouvé avant le 2 août, les Etats-Unis devront couper leur budget fédéral de 40 % (!). Le spectre de 1929 est plus que jamais au-dessus de nos têtes.

L'avidité des ultras riches et la servilité des économistes et des politiciens qui se sont mis au service des menées de cette «élite» auront été telles qu'ils auront littéralement détruit leurs propres pays en 2-3 décennies. Un bon résultat si l'on songe que nos pays restent malgré tout leur base culturelle.

C'est vrai, ils pourront rehausser les murs de leurs citadelles avec des fils de fer barbelés et engager encore plus d'agents de sécurité pour avoir l'illusion de vivre comme si de rien n'était. Cela fera toujours quelques chômeurs en moins.

Cette façon des "marchés" et des agences de notation de pointer du doigt les pays qui se démènent dans des difficultés budgétaires insensées, provoquées par la déraison des acteurs de l'économie privée, par des politiciens serviles et par le sauvetage des banques ayant joué au Monopoly, est proprement insupportable. La seul façon de sauver ces pays en proie aux difficultés est:

  • d'accepter une hausse d'impôts de tous ceux qui ont si largement profité de la dérégulation de l'économie ces 30 dernières années
  • de rediriger massivement l'investissement de Chine (voir dépêche numéro une) vers les pays occidentaux qui souffrent le plus

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