14/07/2011

Rupert Murdoch enfin égratigné

Tous les médias se sont fait l'écho des péripéties concernant l'empire de presse de Rupert Murdoch, le magnat australien des médias.

Il lui est reproché, en Angleterre, d'avoir mis des personnalités sur écoute téléphonique, d'avoir soudoyé des policiers, de faire régner une forme de terreur sur les personnalités en vue (afin de mieux les manipuler) et de faire ou de défaire les premiers ministres.

Les gens concernés semblent stupéfaits, mais il n'y avait que les naïfs ou ceux qui feignent de l'être, pour avoir cru à la virginité de ce personnage. C'est un soulagement de constater qu'enfin la réputation de ce Monsieur et de son empire a été écornée et que ses menées pour accentuer sa prise de contrôle des médias britanniques est, au moins momentanément, stoppée.

En réalité, il serait judicieux que son empire soit démantelé afin de l'empêcher de jouer les faiseurs de rois et d'opinions plus longtemps. Car, au fond,  qui est ce Monsieur ? Quelle légitimité a-t-il pour se permettre d'influencer, chaque jour, l'opinion de millions de lecteurs, d'auditeurs et de téléspectateurs à travers le monde ? Ce n'est qu'un homme comme les autres, à la différence qu'il est très riche et qu'il a décidé d'investir son argent dans la manipulation de l'opinion et pas dans la liberté et la pluralité de l'information.

Mais ce Monsieur n'est pas le seul à poser problème. Il y a d'autres magnats de la presse et de l'économie dans le monde. Certains sont connus comme Silvio Berlusconi en Italie (un autre parangon de vertu et un éminent adepte de la crétinisation des masses), mais la plupart sont inconnus, cachés au sein du Conseil d'administration des Sociétés anonymes.

On voit, une fois de plus, avec cet exemple (et l'on est certainement loin de tout savoir sur l'éventail de ses influences), combien il est dangereux de laisser l'économie privée s'emparer de certains domaines d'activité, sous le regard passif de l'Etat. Ce qui au départ semble n'être qu'un libre jeu de la concurrence, finit rapidement, à coup d'achats et de fusions, par créer des «monstres» qui deviennent si puissants, qu'ils dominent totalement le marché dans lequel leurs talents s'exercent:

  • Ils créent une situation de quasi monopole (ou alors ils créent un cartel déguisé avec les 1-2 «concurrents» qui ont eux-mêmes survécus),
  • Ils dégagent des richesses monstrueuses, mille fois suffisantes pour s'attacher les talents de n'importe quel expert car quand on fait 10-40 milliards de bénéfice (de n'importe quelle devise qui se respecte encore), ANNUELLEMENT, on peut littéralement s'attacher les services de n'importe qui (politiciens y compris) et pour une infime fraction de cette somme,
  • Ils peuvent créer et diffuser une information qui ressemble fallacieusement à de l'information objective mais qui a été «mise en boîte», à notre insu, par une agence spécialisée dans la manipulation de l'opinion publique,
  • Ils peuvent faire pression sur qui bon leur semble pour parvenir à leurs fins

Aujourd'hui, l'Occident n'est pas en danger imminent de basculer vers l'extrême droite ou l'extrême gauche (même si les Etats-Unis des Républicains sont, pour de multiples raisons, une source de réelle préoccupation). La tentation totalitaire existe pourtant et elle se trouve cachée au sein des conseils d'administration de ces grands groupes financiers, industriels, pharmaceutiques, médiatiques qui couvrent la planète entière et dirigent le monde à leur guise.

Afin d'éviter des lendemains très douloureux, et dans un monde idéal, nous devrions, à l'échelle de la planète, décider de démanteler toutes les sociétés dont le chiffre d'affaire dépasse 5-10 milliards de dollars. Il est inacceptable, car hautement malsain et dangereux, de continuer de voir de multiples sociétés privées produire des chiffres d'affaires qui dépassent largement le PIB de nombreux pays.

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