27/06/2011

L'insécurité est-elle subjective ?

Alors que nos «autorités» fédérales et cantonales et tous les tenants d'un angélisme à toute épreuve, continuent inlassablement de clamer que le sentiment d'insécurité dans la population est largement subjectif, deux informations qui indiquent le contraire:

  • Dans la TDG du 24 juin, une page sur le dernier rapport de la FEDPOL, dont le sous-titre est: «La mafia calabraise renforce sa présence en Suisse. Mais elle n'est pas la seule. Les réseaux criminels géorgiens, balkaniques ou africains sont solidement implantés, note la police fédérale».
  • Vendredi passé, une amie venant de Marseille était dans une voiture avec 2 amis, derrière la gare. Soudain, un homme de type caucasien, parlant une langue totalement inconnue d'elle a surgi, a ouvert les 2 portières avant droites en faisant de grands gestes pour attirer l'attention des occupants du véhicule. Pendant ce temps, un complice ouvrait la portière de l'autre côté et dérobait les sacs à main.

Evidemment, la portée de ces 2 événements n'est pas la même:

  • D'un côté, et tout ce qu'il y a de plus officiellement, on parle de crime organisé avec tout le danger que cela représente, car une fois ces mafias installées, il est d'une extrême difficulté de faire cesser leurs activités (un seul pays y est-il seulement parvenu?). En 2000 déjà, je lisais un livre édifiant, «La mafia albanaise», écrit par Xavier Raufer et Stéphane Quéré qui démontrait la terrifiante montée en puissance de cette mafia ultra-violente partout en Europe. Je ne vois pas comment les activités de ces différentes mafias «solidement installées» et donc «solidement» actives pourraient n'avoir aucun retentissement sur le quotidien des Suissesses et des Suisses
  • De l'autre côté, le quotidien banal de beaucoup de concitoyennes et de concitoyens confrontés presque quotidiennement aux agissements de ces «petites frappes» qui trouvent 1001 astuces plus ou moins violentes pour dérober des richesses aux honnêtes citoyens qui travaillent durement pour gagner leur vie.

Et pendant ce temps, le message de la classe politique reste que tout va bien dans le meilleur des mondes. A quand une distribution généralisée de Valium pour calmer ces angoisses sans fondements ? Alors je pose ces quelques questions:

  • Jusques à quand les autorités politiques de tous nos pays (la classe politique suisse n'a pas l'exclusivité de l'aveuglement) continueront de penser qu'il suffit de cacher les problèmes sous la moquette pour qu'ils cessent d'exister?
  • Jusques à quand les autorités politiques de tous nos pays resteront-elles aveugles au fait que c'est leur attitude coupable qui attise cette lente montée de l'extrême-droite européenne et non pas une xénophobie ou un racisme intrinsèques des peuples européens?

Si ce n'est déjà fait, un jour prochain, la Suisse et l'Europe, auront perdu la bataille de la sécurité. Et pourtant celle-ci, sous toutes ses formes, est un des socles fondamentaux d'une Société, de sa prospérité et du bien-vivre ensemble.

Commentaires

Pour ma part, je ferais une distinction entre l'insécurité et le sentiment d'insécurité. Le sentiment est effectivement complètement subjectif car il ne fait pas appel à la raison. Chaque personne a une vision personnelle de l'insécurité en fonction de ce qu'il vit, de ce qu'il entend, de son lieu de domicile, etc. Quant à se faire voler son sac dans sa voiture, il existe un moyen assez simple de prévenir : verrouiller ses portes.

J'ai une connaissance brésilienne qui me dit qu'elle ne s'est jamais aussi sentie en sécurité qu'à Genève par comparaison avec Sao Paulo.

Quant aux mafias de toutes origines, je ne suis pas certain qu'elles représentent un danger réel pour l'intégrité physique du citoyen lambda. En revanche les autorités seraient peut-être bien inspirées de "mettre le turbo" pour combattre la criminalité en col blanc, ce qui ne signifie nullement qu'on doit abandonner la lutte contre les petis malfrats de tous poils qui ne sont - je le crains - que le reflet d'une société en lente déliquescence

Écrit par : Michel Sommer | 28/06/2011

Vous avez bien raison, attendons d'être au niveau de criminalité endémique de Sao Paulo pour que l'on puisse se plaindre...j'aimerais bien que vous parliez de 'sentiment' d'insécurité à toutes les personnes qui ont été confrontées directement ou indirectement à la violence gratuite, et pas seulement à Genève.

"Jusques à quand les autorités politiques de tous nos pays resteront-elles aveugles au fait que c'est leur attitude coupable qui attise cette lente montée de l'extrême-droite européenne et non pas une xénophobie ou un racisme intrinsèques des peuples européens" ? J'ai beaucoup aimé votre phrase, malheureusement vous concluez mal : le 'bien-vivre ensemble' c'est quoi ? Encore un terme inventé par les socialistes français, qui en connaissent un rayon, question bien-vivre ensemble, surtout dans les banlieues.

Arrêtons de nous voiler la face : il n'est simplement pas possible de 'bien-vivre ensemble', pour la simple et bonne raison que malgré toutes les incitations et la tolérance d'une très grande partie de la population suisse, certain-e-s ne veulent tout simplement pas vivre avec 'nous'.

Je vous laisse tirer vos conclusions.

Écrit par : Courant alternatif | 28/06/2011

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