31/05/2011

Le bio pointé du doigt

C'est le titre tapageur de la manchette et d'un article du 30 mai, concernant cette bactérie tueuse qui sévit en Allemagne notamment, du journal «Le Matin», qui est au journalisme d'investigation ce que le « Mc D... » est à la gastronomie.

Depuis de nombreuses années, l'agriculture intensive impose ses méthodes en se voulant la seule façon sérieuse, scientifique, de faire pousser nos aliments. Cette agriculture impose ses méthodes qui ne s'intéressent pas à la vie des sols car elle impose à ceux-ci des intrants chimiques qui sont censés apporter les conditions nécessaires et suffisantes à la production de bonnes récoltes, et surtout en quantités abondantes. Sa deuxième revendication est de sécuriser l'apport alimentaire de l'Humanité en protégeant les récoltes contre tous les organismes nuisibles.

On a appelé cela la « Révolution verte », nom qui n'est qu'une pure imposture, car cette approche n'a rien de « vert ». C'est une approche dogmatique, violente, irrespectueuse des grands équilibres biologiques et bactériologiques  des sols et des plantes.

Je vois de grandes similitudes dans les méthodes, la propagande et l'absence de confiance dans les capacités d'auto-défense des organismes vivants entre l'agriculture intensive et  la médecine allopathique (voir mes billets "Quatre Suisses sur dix feront un cancer (1)", "Quatre Suisses sur dix feront un cancer (2)" et "La médecine allopathique est-elle la médecine de demain"). Je constate:

  • La même arrogance (nous seuls détenons la vérité et protégeons l'Humanité contre toutes les horreurs qui la menaceraient sinon à tout instant
  • La même revendication d'être la seule approche sérieuse, fondée sur une connaissance véritablement scientifique
  • Le même irrespect de certaines réalités biologiques et bactériologiques. Je rappelle quand même que l'usage immodéré des antibiotiques chez l'homme et chez l'animal est en train, depuis des décennies, de créer des souches de bactéries de plus en plus résistantes et je ne vois rien de «scientifique» dans cette colossale catastrophe en cours de préparation. Parallèlement, le recours immodéré aux intrants chimiques et aux pesticides est en train de créer des sols stériles qui ne produisent que grâce à l'ajout obligatoire desdits intrants. On ne peut imaginer ce qu'il adviendra de la sécurité alimentaire de l'Humanité le jour où le pétrole sera devenu si cher et si rare qu'il ne pourra plus être utilisé pour l'agriculture
  • La même peur et la même absence de confiance dans la vie puisqu'il faut en permanence et en toute circonstance se substituer aux protections naturelles (système immunitaire chez l'être humain, équilibre bactériologique des sols et des plantes dans l'agriculture)
  • La même fuite en avant, à toute vapeur, dans le même mur

Il est parfaitement surréaliste d'accuser l'agriculture biologique d'être dangereuse alors que l'alternative, l'agriculture intensive, est une bombe chimique permanente qui pollue nos sols, nos aliments et les nappes phréatiques, créant des problèmes que nos enfants payeront de leur santé et dont ils devront supporter les effets délétères pendant des générations. C'est le même procès en sorcellerie qui est fait à la médecine alternative qui cherche à comprendre certains mécanismes pour y remédier plutôt que de chercher anxieusement à supprimer les symptômes.

Cela rappelle tellement la fable de La Fontaine, «Les animaux malades de la Peste» où les animaux les plus puissants condamnent le plus faible et le plus innocent d'entre eux:

  • En admettant qu'une exploitation utilisant l'agriculture biologique soit responsable de cette épidémie au travers du fumier utilisé pour engraisser les sols, ce qui n'est pas prouvé (et même si cela devait être le cas, rien ne nous dit que l'on n'est pas confronté à une variété de bactéries résistantes aux antibiotiques si largement utilisés dans l'élevage du bétail), il sera intéressant de voir avec quel acharnement l'establishment va s'attaquer à l'agriculture biologique alors qu'il ferme les yeux sur les dégâts considérables commis tous les jours contre la Vie par l'agriculture intensive
  • C'est exactement la même situation en médecine. Nous savons tous qu'il existe des maladies iatrogènes, c'est-à-dire créées par l'usage et parfois l'abus de médicaments allopathiques, maladies qui peuvent conduire, et qui conduisent, au décès de trop nombreux malades. Et tout le monde s'en fout, car il semble parfaitement normal de mourir « scientifiquement ». Mais si par malheur, un médecin homéopathe devait être responsable de la mort d'un de ses patients, il serait immédiatement crucifié sur la place publique.

Ce n'est que par nos choix de consommateurs, de citoyens, de malades que nous pourrons influencer, un tant soit peu, les grands choix des puissants qui nous gouvernent. On a vu en Tunisie et en Egypte que des régimes qui semblaient indéboulonnables se sont effondrés en quelques jours comme des châteaux de sable (même s'il reste tout à faire pour ces peuples). Je rêve du jour où l'Humanité fera le choix conscient de la Vie au détriment de méthodes trop souvent dangereuses pour son avenir.

 

22/05/2011

Genève a mal à son développement

Ce constat n'a rien d'original et pas besoin de diplôme en urbanisme pour s'en rendre compte. Mais bravo à la TDG pour tous ses dossiers thématiques concernant le développement de Genève.

Il apparaît malheureusement trop souvent qu'il est plus facile de déplacer les Alpes que de faire bouger Genève. Entre les multiples projets souvent intéressants, les non moins multiples oppositions souvent très égoïstes, cette satanée frontière qui rend tout projet beaucoup plus difficile et ces épices si particulières que sont les « Genferei », on arrive à une situation digne de Kafka.

Genève a une réputation mondiale dont peu de villes au monde peuvent se targuer. Et Genève hésite visiblement entre se développer pour être enfin à la hauteur de sa réputation et rester un grand village écartelé entre le dynamisme de son économie et des tracas administratifs apparemment sans fin.

L'agglomération genevoise compte près de 800'000 habitants. Cela commence à être respectable mais c'est aussi un seuil  à partir duquel cela commence à générer de grosses difficultés, de logement et de transport notamment. D'infrastructures en général.

Il est temps, me semble-t-il d'être courageux et ambitieux. Certes, des projets sont en cours, mais :

  • Sont-ils suffisants?
  • Les projets immobiliers sont tous au point mort
  • La construction de nouvelles lignes de tram, pour être une bonne chose, ne vont pas répondre aux besoins de mobilité de la population. A la vitesse à laquelle les trams avancent dans cette ville, on va presque aussi vite à pied. Donc ce n'est qu'une demi-solution.

Genève a besoin de se moderniser. Genève a besoin d'une véritable vision pour son avenir. Le CEVA (même s'il n'est pas parfait) doit en faire partie. La plage Cramer (à défaut d'un autre nom) aussi. Le projet PAV également. Et l'autoroute de contournement de Genève, par l'est, est un excellent projet, mais prévu à l'horizon 2030-2040 (autant dire dans une autre vie). Hélas, tous ces projets (et de nombreux autres) sont englués comme chacun sait. Et si tous ces projets sont intéressants, ils ne suffiront même pas, car la ville a pris tellement de retard dans certains domaines qu'il lui faut faire un grand « bond en avant ».

Côté transport

Genève a besoin d'un véritable réseau de RER, avec passage en souterrain sous la ville. Le CEVA pourrait être le début de ce réseau, mais il ne suffira pas. On ne peut plus résoudre les problèmes de transport d'une agglomération de 800'000 habitants avec des trams. Il faut un système de métro/RER afin de relier les grands centres de développement de l'habitat avec les centres d'affaires, même s'il faut encourager le développement de projets qui offrent, sur un même site, des emplois et des logements.

Genève a besoin de terminer l'autoroute de contournement par l'est et ne peut attendre 2030 ou même 2040 ou une échéance tellement déraisonnable.

Côté logement

Nous connaissons les projets en cours. Je n'y reviendrai pas.

Je trouve qu'il serait intéressant de construire un véritable campus universitaire,  en campagne, qui réunirait toutes les Facultés et des logements pour étudiants en quantité suffisante (pourrait même servir de village olympique si Genève devait conserver l'espoir d'organiser un jour les Jeux olympiques). Le tout relié au centre-ville par une ligne de RER efficace. Les bâtiments universitaires désaffectés, qui se trouvent tous au centre de la ville, pourraient être transformés en logements (les surfaces concernées pourraient représenter des centaines, voire des milliers de logements) et/ou en surfaces commerciales, industrielles ou de bureaux.

Côté aménagement de la ville

Genève a besoin d'un bâtiment ou d'un quartier emblématique. Le jet d'eau (magnifique) et l'horloge fleurie (désuète)  ne suffisent plus. Il faut construire quelque chose qui sera une image de la ville qui pourra identifier Genève partout dans le monde.

Genève  a totalement raté le virage des zones piétonnes. Oui, il existe un projet et il est temps de l'amener à la vie. Nous sommes très forts pour générer des richesses, mais quand il s'agit de créer un environnement convivial et quelque peu (n'exagérons pas tout de même...smile) festif  dans la ville, alors là, les imaginations sont comme mortes. C'est un des causes de l'absence de vraies zones piétonnes.

Même constat avec la rade de Genève. S'il y a un léger mieux (par rapport à ce qui était un désastre), on est encore loin du compte pour faire de ce site fabuleux l'endroit convivial, inoubliable de beauté, que les genevois et les touristes auront plaisir à fréquenter. De l'audace et de l'imagination pour repenser totalement ce site.

Rue du Marché : à force de rafistolages bon marché et de bricolages de fortune, cette rue qui devrait être un des lieux conviviaux de la ville, ne ressemble plus à rien. Plus que tristounet.

Il reste dans la ville des verrues épouvantables. Avez-vous regardé une fois le Rond-point de Rive avec un œil un tout petit peu critique. Indigne d'une sous-sous-sous-préfecture française.

Et je ne vous parle pas de l'abri TPG de la Gare Cornavin côté Basilique Notre-Dame, trop souvent « habité » par une faune urbaine de la pire espèce et jonché de détritus. Un vrai bonheur.

Ce que je dis par rapport à l'aménagement de la ville de Genève peut être dit de toutes les villes suisses d'ailleurs, qui ont toutes des problèmes d'absence de convivialité. Elles sont à peu près fonctionnelles, présentent quelques jolis quartiers et ensembles architecturaux, mais sont trop souvent dénuées de « vie ». A-t-on peur de l'expression de la vie dans ce pays ?

Financement

Alors que Genève a besoin de financements conséquents pour assurer son grand « bond en avant », certains milieux ont cru bon de demander et d'obtenir une réduction d'impôts. Ce sont ainsi 350-400 millions de CHF qui sont « perdus » chaque année. Vraiment un très mauvais timing.

Je ne suis pas systématiquement contre le principe d'une baisse d'impôts, mais les égoïsmes individuels devraient s'effacer face aux besoins légitimes de la Collectivité. N'aurait-il pas été plus sage d'accepter le principe d'une réduction, mais de repousser son entrée en vigueur de 10, 15 ou 20 ans, le temps d'avoir mené à bien ces grands chantiers indispensables. Et n'oublions pas la dette encore abyssale de Genève qui rend tout projet plus difficile.

Alors on pourrait imaginer l'instauration d'une taxe exceptionnelle sur certaines activités pour compenser momentanément cette perte fiscale malencontreuse.

Quant à l'autoroute de contournement, dont le financement et la construction sont du ressort de la Confédération, Genève pourrait avancer l'argent et instaurer un péage pour le financer.

Gouvernance

A de trop nombreuses reprises en écrivant ce billet, j'ai été bien en peine en parlant du développement de Genève, de savoir si je parlais de la Ville ou du Canton. En fait, on ne peut dissocier les deux. Face à cette évidence, je me demande vraiment s'il est pertinent, dans un si petit espace, de conserver deux échelons d'Exécutif. Le gouvernement cantonal ne devrait-il pas en même temps assumer l'exécutif de la ville de Genève. Cela éviterait des redondances, des sources de conflits potentiels et permettrait d'avoir une vision plus globale, plus dynamique du développement de Genève

A l'adresse des "neinsager" compulsifs 

Je leur rappelle tout de même, qu'ils le veuillent ou non, qu'ils profitent d'une façon ou d'une autre, de l'exceptionnel dynamisme et notoriété de Genève. Et qu'une ville, une communauté, un pays ne se construisent pas avec des "neinsager", mais avec des gens qui osent, qui aiment, qui s'engagent, qui se battent pour une cause, une idée ou un projet. Pourvu que Genève ait la force de passer outre à tous les obstacles dressés par ces "neinsager" afin de parvenir à faire aboutir des projets intelligents, équilibrés et bénéfiques au rayonnement de cette ville magnifique !

17/05/2011

Lorsque la Justice perd le Nord

Intéressant article dans la TDG de ce jour concernant un procès qui vient de s'ouvrir et qui touche les mendiants Roms amendés à Genève dans l'exercice illégal de ce qui est quasiment un « métier ».

La mendicité de cette population est un problème complexe dans ses causes et très clair dans sa gestion depuis qu'une loi interdit la mendicité sur notre territoire.

L'association Mesemrom qui défend cette population a trouvé une nouvelle astuce pour tenter d'empêcher, ou au moins retarder, l'inéluctable, à savoir l'application de cette loi d'interdiction de la mendicité. L'argument avancé par ladite association est que « les amendes envoyées en Roumanie par le Service genevois des contraventions ne sont pas valables [...] car [ce] Service n'est pas habilité à envoyer des contraventions en Roumanie ».

Alors là, les bras m'en tombent ! Nous sommes face à un vrai problème car :

  • Cette communauté est systématiquement discriminée dans son propre pays
  • La population genevoise est majoritairement excédée de voir cette mendicité continuer de s'exercer dans les rues de notre ville malgré l'interdiction

et la réponse de cette association est d'opposer des manœuvres dilatoires qui ne servent en rien à résoudre quoi que ce soit et vont énerver encore un peu plus les citoyens désireux de voir disparaître la mendicité de nos rues.

Je serais beaucoup plus favorable à cette association si elle oeuvrait à chercher de vrais moyens pour résoudre ce vaste problème. Je ne suis pas un connaisseur de ce dossier, mais je peux fort bien m'imaginer que ces populations sont discriminées et que cela rend difficile leur insertion dans la vie économique de leur propre pays. Personne ne le conteste. Il y a donc un réel travail de fond à faire pour aider à faire tomber ces barrières. Il y a sans doute un non moins immense travail à faire auprès de ces populations Roms pour leur montrer les pas culturels indispensables à franchir pour se rapprocher des us et coutumes de leur pays d'origine.

Alors ces manœuvres de prétoire sont vraiment surréalistes et n'aident en rien cette population, bien au contraire, car elles contribuent à lui donner l'illusion qu'elle peut continuer d'envisager son avenir dans la mendicité pour elle et pour ses enfants.

La Justice est sans doute une des plus grandes conquêtes de l'Humanité. Elle permet, lorsque exercée avec Conscience, d'atteindre aux plus hautes aspirations de ce qui fait de nous des êtres différents des animaux. Par la Justice, nous pouvons réparer les excès de violence sociale, économique, physique, militaire de citoyens contre d'autres citoyens, de régimes et/ou de dictateurs contre leur peuple, de colons contre des peuples premiers (on aimerait encore y croire), etc..

Mais lorsque la Justice sert à tenter d'empêcher l'application du Droit par des manœuvres dilatoires comme c'est le cas dans ce dossier, certes petit, mais ô combien énervant ou comme dans le procès de la BCGE qui ne s'ouvrira peut-être jamais car il y aura prescription avant que la Justice ait réussi à surmonter tous les vices de procédure (et au vu de la compétence de nos « autorités », il y a souvent des vices de procédure) opposés par les avocats de la défense à la tenue de ce procès, la Justice devient parfaitement détestable et se retourne contre ceux qu'elle est censée protéger.

 

11/05/2011

Les Suisses sont moins optimistes

Selon le dernier baromètre publié par le SECO, les Suisses sont moins optimistes concernant leur avenir, car ils craignent pour leur épargne. En cause, une hausse des prix qui rogne leur capacité à épargner.

On apprend ainsi de l'OFS (Office Fédéral de la Statistique), que l'indice suisse des prix a augmenté sous l'effet des vêtements et chaussures (+1.8% sur un mois) et transports (+0.6%). Pour le groupe vêtements et chaussures, on apprend de plus que ce phénomène « s'explique par l'introduction dans les rayonnages des nouvelles collections de saison ».

Une saison des dupes bien évidemment !

Alors face à tant de candeur et de neutralité dans les propos, reprenons juste 2-3 faits pour éclairer cette information qui, une fois de plus, passe comme une lettre à la poste, alors qu'elle devrait tous nous faire nous lever comme un seul homme tant elle dénote un scandale qui dure depuis toujours.

A l'été 2001, peu avant les attentats du 11 septembre, le dollar US oscillait encore entre 1.70 et 1.75 CHF. Ce qui veut dire que, grosso modo (on ne va pas chipoter pour quelques %), le dollar a perdu 50% de sa valeur par rapport au franc suisse en 10 ans. CINQUANTE % ! Or nous savons 2 choses:

  • La plupart des transactions (si ce n'est la totalité) concernant les énergies fossiles sont exprimées en USD, ce qui veut dire que la facture concernant le pétrole, largement utilisé dans les transports, aurait dû FORTEMENT baisser depuis 2001. Or il n'en est rien bien évidemment
  • Un scandale de plus grande ampleur encore, touche l'habillement: le franc suisse a monté contre toutes les devises. On vient de voir dans quelles proportions par rapport au dollar. On sait ce qu'il en est vis-à-vis de l'euro qui s'est littéralement effondré ces derniers mois. Le franc suisse a même régulièrement monté vis-à-vis du yuan chinois ces dernières semaines. Or tout le monde sait que la plupart des habits que nous portons viennent de Chine. Et qu'ils passent ensuite brièvement par les Etats-Unis pour nous être revendus sous d'authentiques marques états-uniennes ne change pas grand-chose à l'affaire (signalons au passage que l'on peut acheter les mêmes habits « made in USA » aux Etats-Unis pour 30% du prix auquel ils sont vendus en Suisse).

Nous avons donc affaire à une vaste couillonnade dont nous sommes tous les victimes. Les prix de l'essence et les prix du groupe « vêtements et chaussures » n'ont aucun rapport, ni de près ni de loin, avec la réalité. Ces prix sont fixés par des cartels qui s'enrichissent monstrueusement sur notre dos avec la bénédiction de nos « autorités » (si on peut encore leur donner ce nom qui évoque, ou a évoqué il y a fort longtemps, une certaine notion de pouvoir). Et qu'ils (les importateurs de vêtements) osent profiter du "changement de collection" pour augmenter encore les prix au point d'impacter l'indice des prix à la consommation alors que le dollar continue sa baisse journalière, et tout cela sans secouer la douce béatitude de Monsieur Prix et du Ministère de l'Economie me laisse sans voix.

Ici, comme ailleurs, les simples citoyens subissent les appétits de quelques financiers sans scrupules qui ont mis nos économies en coupe réglée et qui s'enrichissent sur le dos de la classe moyenne avec une cupidité éhontée. Et l'Etat continue tranquillement sa sieste pendant tout ce temps.

Honte à tous ceux qui participent à ce scandale !

08/05/2011

l'écologie est la principale préoccupation des Romands

Pour combien de temps ai-je tout de suite envie de dire !

Car être "préoccupé" par un problème ne veut pas forcément dire s'attaquer à ce problème. Au-delà de l'effet Fukushima, il y a longtemps que nous savons que les activités humaines mettent la vie sur Terre en péril et que nous sommes lents, très lents, horriblement lents à réagir.

Premier exemple: alors que 80% des Suisses (sondage paru longtemps avant l'accident nucléaire japonais) se disaient "prêts à faire quelque chose pour l'environnement", la Suisse bat régulièrement le triste record du parc automobile le plus polluant d'Europe ! Comprenne qui pourra. En fait, on comprend malheureusement très bien cette situation: la tête nous dit qu'il "faudrait faire quelque chose pour l'environnement", mais notre besoin de reconnaissance sociale et nos tripes nous poussent à acheter un gros 4x4 pour "se faire plaisir". C'est ainsi, et tous les sondages du monde et toutes les campagnes d'information ne pourront rien contre ce besoin congénital de reconnaissance sociale. Et tant pis pour la planète et ses habitants !

Deuxième exemple: il y environ 2 ans, j'ai entendu une séquence proprement surréaliste lors de l'émission "Forum" sur la RSR1, consacrée à l'isolation des bâtiments. Je dis surréaliste car, pour la première et sans doute unique fois, les représentants de tous les partis invités étaient d'accord (je résume le propos): "nous avons toutes les connaissances techniques nécessaires à une bonne isolation des bâtiments afin de rendre le chauffage au fuel une histoire du passé". Et qu'avons-nous fait depuis ? Rien, ou si peu. Et pourtant, quantité de facteurs militeraient en faveur d'un programme national de réduction de notre dépendance aux énergies fossiles.

Ces deux exemples illustrent parfaitement à quel point il est difficile de changer le cours des événements, de changer les mentalités, de changer les façons d'investir de l'argent, de changer les habitudes du public et celles des professionnels d'un secteur donné, quel qu'il soit. En gros, "on a toujours fait comme cela et on ne voit pas pourquoi il faudrait changer notre façon de faire et aller vers l'inconnu".

C'est pourquoi je crois, qu'une fois encore, l'Etat doit jouer un rôle de moteur, un rôle incitatif. Il doit à la fois encourager par des incitations positives (comme des aides fiscales) et introduire des limites ou des interdictions. La carotte et le bâton. Si nous attendons sur l'initiative individuelle, nous risquons d'attendre si longtemps que nous serons tous morts avant. C'était le même problème, par exemple, avec la fumée passive: si l'on avait attendu que les fumeurs atteignent le niveau de conscience sociale nécessaire à ce qu'ils cessent d'eux-mêmes de fumer en public (certains prônaient cela), on aurait attendu encore 2 ou 300 générations. C'était une idée simplement irréaliste et une excuse pour ne rien faire.

Pour en revenir à l'environnement, le problème est qu'il y a des entreprises qui seraient prêtes à investir dans des énergies plus propres, et même certaines qui le font. Respect à elles ! Mais il y en a beaucoup trop qui, de peur de perte de compétitivité, refusent de se lancer les premières. C'est pourquoi, comme pour les fumeurs, il faudra que l'Etat use du bâton. En y rajoutant les carottes, on pourrait faire de la Suisse un pays pionnier dans la protection de l'environnement.

La Suisse est trop petite pour se permettre de gaspiller son patrimoine naturel plus avant !

Je suis en faveur de mesures hardies au niveau:

  • Du parc automobile,
  • De l'isolation des bâtiments,
  • Des énergies renouvelables
  • De l'agriculture, car je pense que le seul avenir de l'agriculture suisse est dans le bio. Nos exploitations sont infiniment trop petites pour rivaliser avec les grandes exploitations que l'on trouve à l'étranger. Alors, de même que nos PME ont su trouver des marchés de niche pour écouler leurs produits et garder vivant un secteur industriel qui a disparu ailleurs (bravo, mille fois bravo à tous ces courageux et brillants entrepreneurs suisses !), il serait temps que notre agriculture fasse le même choix audacieux de la qualité. Elle trouvera elle aussi des marchés de niche pour écouler ses produits qui seraient étiquettés comme venant du seul pays au monde ayant décidé de se consacrer entièrement à une agriculture respectueuse de l'environnement.

Un beau (quadruple) défi, non !

04/05/2011

Les Etats-Unis au bord de la banqueroute ?

C'est un thème qui revient assez régulièrement depuis l'incurie totale qui a régné pendant le double mandat de Bush fils, ses 2 guerres « saintes » et ses remboursements pharaoniques d'impôts aux ultras riches. La situation a achevé de se dégrader avec la chute du Monopoly bancaire qui a failli emporter toutes les économies occidentales (crise qui est encore loin d'avoir déployé tous ses effets pervers).

La mondialisation de l'économie et tout ce que cela sous-entend est un thème dont j'ai souvent traité dans mes billets (voir entre autres «Le (non) sens des responsabilités du secteur privé» et «La perversion de la démocratie»).

Aujourd'hui, après 30 années de mise en pratique de ces « brillantes » idées:

  • délocalisation des outils de production vers les pays pauvres
  • destruction du tissu industriel dans nos économies transformées en des sociétés de service ne produisant que des « biens » virtuels
  • destruction des syndicats et des forces d'opposition qui ne sont plus que les fantômes de leur passé
  • lutte des classes à l'envers pour redonner aux riches tout ce que la rue et la menace soviétique avaient pu arracher par les grèves, les luttes sociales, etc

les Etats-Unis sont si endettés que l'espérance de vie de la machine administrative états-unienne ne dépasse pas le 2 août 2011.  Au-delà, cela dépendra d'un accord, ou non, sur le droit du gouvernement à s'endetter encore plus. Ce qui n'est certainement pas une solution durable.

L'endettement des Etats-Unis s'était déjà monstrueusement creusé pendant le double mandat de Ronald Reagan (père « spirituel » de « W »).

Sous Bill Clinton, à l'inverse, on en était arrivé à considérer que la dette des Etats-Unis allait être totalement remboursée quelques années après la fin de son deuxième mandat  si les choses continuaient leur cours.

L'endettement a repris un cours apocalyptique dès la première présidence de « W » sous l'effet cumulé des 2 guerres et des réductions d'impôts pour les ultras-riches.

Incurie ?
Au début de mon billet, je parle de « l'incurie totale qui a régné pendant le double mandat de Bush fils ». Mais est-ce exact ?

Certes, le fils Bush n'était pas son père et on pourra regretter amèrement, encore longtemps, qu'un tel homme ait pu un jour être nommé président du plus puissant pays de la planète. Il fallait vraiment que ce soit un pays déjà bien malade pour en arriver à de telles extravagances. Mais peut-on pour autant parler d'incurie ?

Ce mot fait penser à incompétence. Alors si Bush fils était cela et bien plus encore, son gouvernement ne l'était pas. Ce qui a été fait et voulu par les éminences grises et les lobbies qui manipulaient le président n'est pas le fruit du hasard ni ne peut être qualifié d'incurie. Le résultat est certes désastreux, mais les forces à l'œuvre ont fait très exactement ce qu'elles voulaient, ce pourquoi elles s'étaient battues de toutes leurs forces, y compris au prix de la manipulation des élections en Floride, pour porter ce piètre rejeton Bush au pouvoir.

Aujourd'hui, il est bientôt temps de payer la facture de ces 30 années de guerre sociale des riches contre les pauvres, de déstructuration sociale, de "détricotage" du lien et de la responsabilité sociale des riches envers les pauvres. Et la récente bataille des Républicains en faveur de la prorogation des cadeaux fiscaux aux ultras riches prouve qu'ils n'ont toujours rien compris. Et je ne suis même pas sûr que ce soient les ultras riches qui payeront le plus lourd tribut de cette guerre sociale. Comme d'habitude.