08/05/2011

l'écologie est la principale préoccupation des Romands

Pour combien de temps ai-je tout de suite envie de dire !

Car être "préoccupé" par un problème ne veut pas forcément dire s'attaquer à ce problème. Au-delà de l'effet Fukushima, il y a longtemps que nous savons que les activités humaines mettent la vie sur Terre en péril et que nous sommes lents, très lents, horriblement lents à réagir.

Premier exemple: alors que 80% des Suisses (sondage paru longtemps avant l'accident nucléaire japonais) se disaient "prêts à faire quelque chose pour l'environnement", la Suisse bat régulièrement le triste record du parc automobile le plus polluant d'Europe ! Comprenne qui pourra. En fait, on comprend malheureusement très bien cette situation: la tête nous dit qu'il "faudrait faire quelque chose pour l'environnement", mais notre besoin de reconnaissance sociale et nos tripes nous poussent à acheter un gros 4x4 pour "se faire plaisir". C'est ainsi, et tous les sondages du monde et toutes les campagnes d'information ne pourront rien contre ce besoin congénital de reconnaissance sociale. Et tant pis pour la planète et ses habitants !

Deuxième exemple: il y environ 2 ans, j'ai entendu une séquence proprement surréaliste lors de l'émission "Forum" sur la RSR1, consacrée à l'isolation des bâtiments. Je dis surréaliste car, pour la première et sans doute unique fois, les représentants de tous les partis invités étaient d'accord (je résume le propos): "nous avons toutes les connaissances techniques nécessaires à une bonne isolation des bâtiments afin de rendre le chauffage au fuel une histoire du passé". Et qu'avons-nous fait depuis ? Rien, ou si peu. Et pourtant, quantité de facteurs militeraient en faveur d'un programme national de réduction de notre dépendance aux énergies fossiles.

Ces deux exemples illustrent parfaitement à quel point il est difficile de changer le cours des événements, de changer les mentalités, de changer les façons d'investir de l'argent, de changer les habitudes du public et celles des professionnels d'un secteur donné, quel qu'il soit. En gros, "on a toujours fait comme cela et on ne voit pas pourquoi il faudrait changer notre façon de faire et aller vers l'inconnu".

C'est pourquoi je crois, qu'une fois encore, l'Etat doit jouer un rôle de moteur, un rôle incitatif. Il doit à la fois encourager par des incitations positives (comme des aides fiscales) et introduire des limites ou des interdictions. La carotte et le bâton. Si nous attendons sur l'initiative individuelle, nous risquons d'attendre si longtemps que nous serons tous morts avant. C'était le même problème, par exemple, avec la fumée passive: si l'on avait attendu que les fumeurs atteignent le niveau de conscience sociale nécessaire à ce qu'ils cessent d'eux-mêmes de fumer en public (certains prônaient cela), on aurait attendu encore 2 ou 300 générations. C'était une idée simplement irréaliste et une excuse pour ne rien faire.

Pour en revenir à l'environnement, le problème est qu'il y a des entreprises qui seraient prêtes à investir dans des énergies plus propres, et même certaines qui le font. Respect à elles ! Mais il y en a beaucoup trop qui, de peur de perte de compétitivité, refusent de se lancer les premières. C'est pourquoi, comme pour les fumeurs, il faudra que l'Etat use du bâton. En y rajoutant les carottes, on pourrait faire de la Suisse un pays pionnier dans la protection de l'environnement.

La Suisse est trop petite pour se permettre de gaspiller son patrimoine naturel plus avant !

Je suis en faveur de mesures hardies au niveau:

  • Du parc automobile,
  • De l'isolation des bâtiments,
  • Des énergies renouvelables
  • De l'agriculture, car je pense que le seul avenir de l'agriculture suisse est dans le bio. Nos exploitations sont infiniment trop petites pour rivaliser avec les grandes exploitations que l'on trouve à l'étranger. Alors, de même que nos PME ont su trouver des marchés de niche pour écouler leurs produits et garder vivant un secteur industriel qui a disparu ailleurs (bravo, mille fois bravo à tous ces courageux et brillants entrepreneurs suisses !), il serait temps que notre agriculture fasse le même choix audacieux de la qualité. Elle trouvera elle aussi des marchés de niche pour écouler ses produits qui seraient étiquettés comme venant du seul pays au monde ayant décidé de se consacrer entièrement à une agriculture respectueuse de l'environnement.

Un beau (quadruple) défi, non !

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