04/05/2011

Les Etats-Unis au bord de la banqueroute ?

C'est un thème qui revient assez régulièrement depuis l'incurie totale qui a régné pendant le double mandat de Bush fils, ses 2 guerres « saintes » et ses remboursements pharaoniques d'impôts aux ultras riches. La situation a achevé de se dégrader avec la chute du Monopoly bancaire qui a failli emporter toutes les économies occidentales (crise qui est encore loin d'avoir déployé tous ses effets pervers).

La mondialisation de l'économie et tout ce que cela sous-entend est un thème dont j'ai souvent traité dans mes billets (voir entre autres «Le (non) sens des responsabilités du secteur privé» et «La perversion de la démocratie»).

Aujourd'hui, après 30 années de mise en pratique de ces « brillantes » idées:

  • délocalisation des outils de production vers les pays pauvres
  • destruction du tissu industriel dans nos économies transformées en des sociétés de service ne produisant que des « biens » virtuels
  • destruction des syndicats et des forces d'opposition qui ne sont plus que les fantômes de leur passé
  • lutte des classes à l'envers pour redonner aux riches tout ce que la rue et la menace soviétique avaient pu arracher par les grèves, les luttes sociales, etc

les Etats-Unis sont si endettés que l'espérance de vie de la machine administrative états-unienne ne dépasse pas le 2 août 2011.  Au-delà, cela dépendra d'un accord, ou non, sur le droit du gouvernement à s'endetter encore plus. Ce qui n'est certainement pas une solution durable.

L'endettement des Etats-Unis s'était déjà monstrueusement creusé pendant le double mandat de Ronald Reagan (père « spirituel » de « W »).

Sous Bill Clinton, à l'inverse, on en était arrivé à considérer que la dette des Etats-Unis allait être totalement remboursée quelques années après la fin de son deuxième mandat  si les choses continuaient leur cours.

L'endettement a repris un cours apocalyptique dès la première présidence de « W » sous l'effet cumulé des 2 guerres et des réductions d'impôts pour les ultras-riches.

Incurie ?
Au début de mon billet, je parle de « l'incurie totale qui a régné pendant le double mandat de Bush fils ». Mais est-ce exact ?

Certes, le fils Bush n'était pas son père et on pourra regretter amèrement, encore longtemps, qu'un tel homme ait pu un jour être nommé président du plus puissant pays de la planète. Il fallait vraiment que ce soit un pays déjà bien malade pour en arriver à de telles extravagances. Mais peut-on pour autant parler d'incurie ?

Ce mot fait penser à incompétence. Alors si Bush fils était cela et bien plus encore, son gouvernement ne l'était pas. Ce qui a été fait et voulu par les éminences grises et les lobbies qui manipulaient le président n'est pas le fruit du hasard ni ne peut être qualifié d'incurie. Le résultat est certes désastreux, mais les forces à l'œuvre ont fait très exactement ce qu'elles voulaient, ce pourquoi elles s'étaient battues de toutes leurs forces, y compris au prix de la manipulation des élections en Floride, pour porter ce piètre rejeton Bush au pouvoir.

Aujourd'hui, il est bientôt temps de payer la facture de ces 30 années de guerre sociale des riches contre les pauvres, de déstructuration sociale, de "détricotage" du lien et de la responsabilité sociale des riches envers les pauvres. Et la récente bataille des Républicains en faveur de la prorogation des cadeaux fiscaux aux ultras riches prouve qu'ils n'ont toujours rien compris. Et je ne suis même pas sûr que ce soient les ultras riches qui payeront le plus lourd tribut de cette guerre sociale. Comme d'habitude.

Les commentaires sont fermés.