20/02/2011

Quatre Suisses sur dix feront un cancer (1) !

C'est la dernière statistique publiée conjointement la semaine passée (le 07.02.2011) par le très sérieux Office fédéral de la Statistique et le mal nommé NICER (National Institute for Cancer Epidemiology and Registration). En français cet organisme suisse, si, si, s'appelle Institut National pour l'Epidémiologie et l'Enregistrement du Cancer.

Cette publication s'est faite dans une relative discrétion et n'étant ni un papivore ni un surfeur frénétique je ne peux garantir qu'aucun média ni aucune agence gouvernementale n'ont commenté ces chiffres, mais en tous les cas cela n'a pas défrayé la chronique comme l'on dit.

Pourquoi une telle discrétion alors que les questions de santé dans nos Sociétés dites «développées» deviennent de plus en plus préoccupantes et pas seulement parce que nos primes maladies augmentent chaque année dans des proportions qui deviennent insupportables pour une grande partie de la population ?

Je ne veux pas faire ici le procès des Caisses maladies. Mon avis est clair sur la question: je souhaite ardemment une caisse maladie unique, sur le modèle de la SUVA pour les accidents. Non que je pense que cela aura un effet magique sur le niveau des primes. Par contre je suis convaincu que c'est le seul moyen d'amener de la transparence dans un secteur qui en manque cruellement (certaines Caisses ont organisé une comptabilité «créative» dont l'opacité est à peu près totale, et ce n'est pas Mr M. Poggia, Président de l'Association suisse des assurés, qui me démentira). Et la soi-disante concurrence ne fonctionne pas plus ici que dans bien d'autres domaines où les promesses de baisse des prix grâce à la concurrence entre entreprises privées ne sont que temporaires (en général les concurrents se rachètent entre eux et en quelques années reforment une sorte de cartel qui organise le marché et contrôle les prix).

A mon avis, si les primes augmentent, ce n'est pas dû uniquement au machiavélisme des assurances maladies mais aussi et surtout au fait que les gens sont de plus en plus malades. C'est une réalité incontournable et cette dernière statistique est là pour le prouver !

Alors pourquoi en sommes-nous arrivés là malgré les forrrrrrrrrrmidables progrès de la médecine ? Pourquoi l'incidence du cancer a-t-elle doublé en 25 ans, même si quelques succès, sont enregistrés dans le traitement de certains types de cancer ? Vaste question à laquelle il n'y a pas de réponse simple.

Ce qu'il faut comprendre tout d'abord est que le cancer est au fond le stade ultime de la maladie. Alors s'il y a un stade ultime, c'est qu'il y a, à l'autre extrémité, un stade initial de la maladie.

Notre organisme est une merveille d'équilibre à tous les niveaux. On peut philosophiquement se battre pour l'éternité pour savoir d'où nous venons et de quoi nous sommes constitués, mais on peut sans doute s'entendre sur le fait que l'être humain est au minimum un être physique, psychique et  énergétique (chacune de nos cellules, chacun de nos organes et nous-mêmes sommes habités par une "énergie vitale" qui fluctue en fonction de nos activités, de ce que nous mangeons et buvons, des heures de la journée, des saisons même). Que tous ces niveaux interagissent entre eux et que seul l'équilibre des fonctions permet d'atteindre un état de santé optimal.

Alors notre façon de vivre respecte-t-elle ce besoin d'équilibre. Réponse (mon humble réponse) dans un prochain billet.

Commentaires

Il est évident que notre façon de vivre ne respecte pas l'équilibre naturel. Mais il est tout aussi évident que les populations qui respectent l'équilibre naturel... meurent beaucoup plus vite. Rarement d'un cancer, car ceux-ci n'ont guère le temps de se développer, les individus des-dites populations mourant bien avant, des causes les plus diverses.
De même que la cause principale de l'augmentation des coûts, ce n'est pas plus la mauvaise volonté des caisses que l'augmentation des maladies: c'est l'augmentation des coûts des traitements, par le recours à des techniques de plus en plus sophistiquées et efficaces, mais aussi de plus en plus coûteuses.
Et si le nombre de cancers augmente, c'est peut-être aussi parce que l'on sait de mieux en mieux soigner les autres causes de mortalité qui nous faisaient mourir avant de développer des cancers, justement.

Écrit par : Philippe Souaille | 21/02/2011

J'aimerais pouvoir abonder dans votre sens. Mais je ne crois ni à la théorie qui veut que c'est notre plus grande longévité qui fait apparaître ces maladies de dégénérescence ni à la théorie qui attribue à un meilleur diagnostic l'augmentation des statistiques.

Il y a des causes très précises, multiples, liées à notre mode de vie (mauvaise alimentation, tabac, sédentarité, etc..), au stress, à la pollution et à l'hyper médicalisation qui est source de graves pollutions médicamenteuses: les maladies iatrogènes tuent chaque année plusieurs milliers de personnes. CHAQUE ANNEE, on parle de 20'000 décès dans un pays comme la France. Alors il faut bien accepter que si les médicaments rendent malade au point de tuer, ils rendent aussi malade au point de développer des maladies chroniques incitant d'ailleurs les médecins à prescrire de nouveaux médicaments pour contrecarrer les effets secondaires d'autres médicaments.

Quant aux techniques sophistiquées et "efficaces", là aussi permettez-moi d'émettre quelques doutes. Certes, certaines techniques, radiologiques notamment, peuvent représenter un atout certain. Mais trop souvent ces technologies apportent surtout des revenus confortables à tous les intervenants de la filière médicale.

Je reste persuadé que dans nos Sociétés occidentales qui ont la chance de vivre dans un état de confort sans précédent dans l'histoire de l'humanité nous devrions tous pouvoir atteindre un âge avancé sans souffrir des outrages de la dégénérescence de nos fonctions essentielles. Mais cela nécessiterait une véritable Révolution des consciences et de nos modes de vie.

Écrit par : Gérard Meyer | 21/02/2011

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