29/09/2010

Modeste contribution à la résolution du plus long conflit du 20ème siècle

Au petit matin, j'ai caressé l'idée d'une grande Initiative planétaire, populaire ((j'espère), silencieuse (pour donner plus de dignité) et pacifique. Son but viserait à transmettre, par la rue, un message de

                                     «Nous en avons assez de ce conflit»

 à toutes les forces qui de près ou de loin ont un intérêt quelconque au Proche-Orient, et Dieu sait (il doit le savoir, surtout, là, au cœur des 3 Religions monothéistes) que ces forces sont nombreuses.

 En réalité, nous sommes tous concernés par ce conflit. Nous vivons un sorte de 3ème guerre mondiale qui ne dit pas (encore ?) son nom. Le Monde entier est pris en otage par ce conflit et ce serait bien la moindre des choses qu'après plus de soixante années de cauchemar, nous ayons tous le droit de dire

                                     «STOP, cela a assez duré !».

 Pour ceux qui ont déjà un peu vécu, ce conflit les a accompagnés pratiquement depuis leur berceau :

  • on ne compte plus les guerres proches et éloignées dans le temps et dans l'espace (dans une des dernières en date, les Talibans afghans qui ont vaincu l'armée soviétique et sont en train d'enliser celle des Etats-Unis, ne sont-ils pas un des nombreux sous-produits du conflit Israélo-Palestinien? De même que bien d'autres groupuscules d'islamistes radicaux qui mettent, ou ont mis, leur pays à feu et à sang)
  • nous avons subi des actes terroristes sur terre, sur mer et dans les airs jusqu'à la nausée
  • nous avons assisté, médusés, à l'assassinat froidement perpétré, des rares hommes de bonne volonté (l' égyptien Anouar El Sadate et l'israélien Menahem Begin)
  • l'arme du pétrole a failli réussir à asphyxier les économies occidentales
  • cette problématique est au centre de la politique étrangère et militaire de nombre de pays
  • très récemment, nous avons été stupéfaits par l'usage d'une force brutale et disprortionnée contre des civils sans défense de la part de l'une des armées les plus puissantes du monde
  • la propagande de l'un ou l'autre camp est partout et empoisonne littéralement l'air de cette malheureuse planète et en a radicalisé plus d'un
  • aujourd'hui, la question iranienne donne des nuits d'insomnie à plus d'un dirigeant politique et devrait en donner à plus d'un citoyen conscient des risques planétaires liés à la situation particulière de l'Iran
  • et ne parlons pas des millions de morts, de sans-abris, de femmes violées (notamment en Algérie), de réfugiés, engendrés par ce chaos savamment orchestré et entretenu par ceux à qui ce crime permanent profite.

 Ce spectacle lamentable est insupportable et indigne de la Planète dont nous avons hérité. Je ne suis pas là pour juger et bien malin serait celui qui pourrait dénouer l'enchevêtrement des actions et des réactions, des crimes et des vengeances qui ont jalonné ce conflit.

 C'est pourquoi il serait important et profitable de voir se lever aujourd'hui une armée pacifiste, silencieuse, sans jugement, qui placarderait son désir de PAIX à la face du Monde et de ceux qui l'ensanglantent jour après jour et détruisent sciemment tout Espoir. Une foule qui se lèverait de façon coordonnée, dans une ville du Monde après l'autre, en n'ayant pas peur d' afficher les morts et les souffrances des deux côtés, d'une manifestation à l'autre (une foule qui ne devrait pas faillir, afin que son attachement à la Paix soit plus durable et fort que l'entêtement de ceux qui veulent gagner cette guerre absurde). Cela donnerait une sorte d'onde de paix qui parcourrait la Terre, comme les vagues parcourent les océans, en espérant que ce silence ardent frappe les esprits qui en ont un urgent besoin. Puissent ces esprits comprendre que les temps ont changé : que bien qu'ils ne veuillent pas la Paix et les concessions qui vont forcément avec, le reste du Monde ne veut plus être les otages de leurs calculs et intérêts égoïstes.

 Une question demeure: Sommes-nous prêts à cela, y a-t-il suffisamment d'âmes de bonne volonté pour réussir là où tant d'autres ont échoué ?

13/09/2010

Les limites de l'intégration de la Turquie en Europe

J'ai eu l'occasion d'entendre l'émission de la RSR, le «Grand-Huit», du mardi 27 juillet (je sais, c'est un peu daté, mais la problématique est, et restera, actuelle pendant encore des lustres) et j'ai été stupéfait par les propos incroyables de candeur (?) de M. Andreas Gross (Conseiller National) comparant les relations du gouvernement turc avec sa religion à celles de Mme Angela Merkel avec la sienne. 

Ce Monsieur, jusqu'à preuve du contraire, est un homme intelligent et parfaitement informé. Il est un vieux routinier de la vie politique et siège dans plusieurs instances suisses et internationales. A partir de là, ses remarques sont simplement ahurissantes, car tout le monde a entendu les propos de M. Erdogan (Premier Ministre) en décembre 2007 : «Les mosquées sont nos casernes, les croyants nos soldats, les coupoles nos casques, les minarets nos baïonnettes». J'imagine que M. Gross a pu lire ou entendre ces propos aussi bien si ce n'est mieux que moi. A contrario, a-t-il jamais entendu Mme Merkel tenir des propos guerriers concernant sa religion ? J'en doute fort et c'est un euphémisme bien évidemment. Alors qu'est-ce qui fait que ce Monsieur a décidé d'être sourd et aveugle à certaines réalités ? Je ne peux bien évidemment pas répondre à sa place, mais il a perdu beaucoup de sa crédibilité à mes yeux.

 Pour ma part, je suis contre l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne (une adhésion aurait de profondes répercussions sur la Suisse) tant qu'elle n'aura pas clarifié une fois pour toutes ses relations avec la religion. C'est un pays encore laïque, certes, mais les tentations sont de plus en plus fortes de le faire basculer vers un islamisme beaucoup plus militant (les propos de M. Erdogan sont très clairs à ce sujet). Et si cela arrivait alors que la Turquie était dans l'UE, elle représenterait un danger mortel.

 Donc plutôt que de mener des négociations à rallonge avec ce pays, de lui imposer sans arrêt de nouvelles exigences (tout cela dans le but, selon certains, de perdre du temps et de remettre son entrée dans l'UE aux Calendes Grecques), soyons clairs avec ce pays et ses habitants. Disons-lui ce qui nous préoccupe, parlons le langage de la vérité, exprimons clairement qu'une Turquie laïque pourrait être acceptée dans l'UE, mais qu'à la seconde où elle basculerait dans le camp des islamistes elle en serait automatiquement exclue (à l'Europe d'inventer ce mécanisme totalement inédit). Et exigeons que le Peuple turc soit consulté par référendum (avec vote obligatoire) sur sa vision des rapports entre l'Etat et la Religion, avant toute adhésion à l'UE et que cette vision soit inscrite dans la Constitution.

Ce mécanisme devrait permettre à l'UE de se protéger de l'évolution préoccupante d'une partie de la population et de la classe politique de ce pays. Et cela aurait le mérite de la clarté et permettrait un débat assaini car reposant sur des problématiques clairement établies et exprimées.

18:58 Publié dans Politique internationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politiqueeuropeturquie | |  Facebook