30/08/2010

la Suisse et l'Europe

 Je suis, comme beaucoup de Suisses, catastrophé du peu de vision de notre classe politique quant à nos rapports avec l'Union Européenne et scandalisé par les pressions de celle-ci pour nous forcer à adhérer à ce club de nations dirigé par les seuls technocrates.

Parler de cela (et ne parlons même pas de la délicieuse attitude des pays européens lors de nos démêlés avec un certain dictateur) suffit à montrer les difficultés qu'il y a à négocier un accord quel qu'il soit: entre un pays qui ne sait pas ce qu'il veut et un club qui se comporte sans respect aucun pour notre souveraineté, l'échec est une nouvelle fois programmé (voir la nouvelle astuce politique de Ch. Blocher).

Or où est véritablement le problème ? A mon avis (et celui de beaucoup d'autres j'espère) il repose essentiellement dans le déficit démocratique de l'Union Européenne: cela en serait fini de la démocratie directe et du droit fondamental du peuple à s'exprimer sur des sujets complexes, fondamentaux, vitaux parfois. Fini la possibilité d'imposer un moratoire sur les OGM (on a vu avec quelle arrogance Monsieur Barroso a levé celui-ci dans l'UE), finie l'interdiction de la libéralisation du marché de l'électricité (même si tout est fait en Suisse, à cause de nos engagements européens,  pour annuler cette volonté populaire pourtant clairement exprimée), fini le droit de s'exprimer sur l'avenir de notre défense nationale, sur l'énergie nucléaire, sur les flux migratoires et que sais-je encore.

En résumé, adhérer à l'Europe, serait pour le peuple suisse une terrible régression politique et démocratique ! Il est capital de dire ces choses, de les nommer clairement, de mettre le doigt là où cela fait mal, afin de sortir de ce psychodrame presque quotidien que nous vivons depuis le rejet de l'accord sur l'EEE en 1992.

C'est cela que notre classe politique devrait avoir le courage de dire et de marteler dans nos négociations avec Bruxelles: vous voulez que nous reprenions l'acquis communautaire ? Eh bien reprenez aussi, et parallèlement, notre acquis démocratique. Le jour où le droit des peuples européens sera reconnu et respecté dans le cadre de la construction européenne et dans son fonctionnement au jour le jour, alors la Suisse pourra envisager avec une certaine sérénité son entrée dans ce grand marché en sachant qu'elle pourra (et saura) insuffler une vie démocratique nouvelle dans ce club jusqu'ici aux mains des politiques et des technocrates.

J'espère que cette vision pourra un jour toucher notre classe politique qui jusqu'à présent vit notre rapport à l'Europe dans le non-dit, la névrose ou la poursuite d'intérêts particuliers.

16:18 Publié dans Suisse - ses défis | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook